Parler rapidement des mérites d’Ignace envers le catholicisme est impossible. Son nom en effet résume à lui seul tout l’immense travail entrepris par l’Église au XVIe siècle, pour opposer à la réforme luthérienne une véritable réforme catholique, si bien que la liturgie elle-même affirme, à la louange d’Ignace, que la Providence l’envoya pour l’opposer à Luther.
Maintenant encore, le nom de Loyola et de la Compagnie fondée par lui sont synonymes de vie et d’action catholique au sens le plus élevé du mot ; en sorte que les adversaires, tout en affectant de la tolérance envers d’autres congrégations religieuses, nourrissent une haine irréductible contre l’institut d’Ignace, où ils reconnaissent à bon droit l’armée la plus aguerrie et la plus invulnérable que la Providence ait placée sous le commandement immédiat du Vicaire de Jésus-Christ. On peut dire de la Compagnie de Jésus ce que l’Évangile dit du Divin Sauveur ; persécutée dès sa naissance, supprimée puis rétablie, objet d’une haine infinie pour les uns et de confiance illimitée pour les autres, pertransiit benefaciendo et sanando [Il passa faisant le bien et bénissant]. Ainsi en était-il il y a trois siècles, ainsi en est-il aujourd’hui, ainsi en sera-t-il toujours dans l’avenir.
Bienheureux cardinal Schuster.
On peut être bienheureux sans être bon prophète… Le pauvre, s’il revenait…