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Ils sont fous

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L’Unesco vient d’inscrire la vieille ville d’Hébron au Patrimoine mondial.

L’ambassadeur d’Israël a aussitôt dénoncé « l’un des moments les plus déshonorants » de l’histoire de l’Unesco.

Et le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon : « La décision de l’Unesco sur Hébron et le tombeau des Patriarches est une souillure morale ». Sic. « L’Histoire glorieuse du peuple juif en Israël a commencé à Hébron » (sic), a-t-il ajouté sur Twitter. « Aucun mensonge de l’Unesco et aucune fake history n’y changera rien. La Vérité est éternelle. » Suivi de deux drapeaux israéliens, sans doute éternels eux aussi.

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahou a jugé lui aussi nécessaire de condamner la décision : « Une autre décision délirante de l’Unesco. Cette fois-ci, ils ont estimé que le tombeau des Patriarches à Hébron est un site palestinien, ce qui veut dire non juif, et que c’est un site en danger. »

Il se trouve que Hébron est une ville entièrement palestinienne (hormis quelques colons juifs), que le tombeau des patriarches n’appartient pas plus aux juifs qu’aux chrétiens et aux musulmans, et que l’architecture de la vieille ville ne doit rien aux juifs.

Voici le texte de la décision de l’Unesco, qui n’a absolument rien de choquant. (Mais les réactions israéliennes montrent hélas pourquoi la paix est impossible tant qu’il y aura un gouvernement israélien.)

Vieille ville d’Hébron/Al-Khalil (Palestine)

L’utilisation d’une pierre calcaire locale a marqué la construction de la vieille ville d’Hébron /Al-Khalil au cours de la période mamelouke entre 1250 et 1517. Le centre d’intérêt de la ville était le site de la mosquée Al-Ibrahim/le tombeau des Patriarches dont les édifices se trouvent dans l’enceinte construite au Ier siècle de notre ère pour protéger les tombes du patriarche Abraham/Ibrahim et de sa famille. Ce lieu devint un site de pèlerinage pour les trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam. La ville était située au croisement de routes commerciales de caravanes cheminant entre le Sud de la Palestine, le Sinaï, l’Est de la Jordanie et le nord de la péninsule arabique. Bien que la période ottomane (1517-1917) présente une extension de la ville dans les zones environnantes et apport de nombreux ajouts architecturaux, en particulier la surélévation des maisons avec la construction d’étages supplémentaires, la morphologie globale de la ville mamelouke a persisté dans l’organisation hiérarchique des quartiers déterminés par des rassemblements autour de l’origine ethnique, la religion ou la profession, et des maisons dont les pièces sont organisées selon un système d’arborescence.