Deux manifestations ont eu lieu à Dacca fin janvier contre la modification de manuels scolaires, et le ton monte. Les professeurs, les intellectuels et les membres des minorités ont en effet découvert que les manuels, censés être « laïques », ont été révisés dans un sens plus islamique qu’ils ne l’étaient déjà. Ce qui est le plus visible est la suppression de 17 textes non musulmans. Le gouvernement se défend d’avoir cédé aux pressions et a nommé une commission d’enquête… Mais la suppression de ces 17 textes-là était précisément une revendication des islamistes de Hefazat-e-Islam… Et ce n’est pas la seule modification. Par exemple, un récit de voyage a remplacé une visite dans le nord de l’Inde, à majorité hindou, par un voyage sur le Nil. Les vêtements traditionnels d’une fillette ont été redessinés dans une version islamique…
Dans un pays où les chrétiens ne constituent guère plus de 0,5 % de la population, l’Eglise catholique du Bangladesh se sent particulièrement concernée puisqu’elle occupe une place importante dans le système éducatif. A la tête de plus de 300 établissements, elle prend en charge quelque 100.000 élèves, non chrétiens pour la plupart.