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Saint Jérôme

Tel un autre Jean-Baptiste, Jérôme, couvert d’un cilice et nourri de jeûne, ressemble à l’une de ces plantes tropicales qui se dressent au milieu du désert. Son rugissement est entendu jusqu’aux extrêmes confins de la terre, car, tandis que chaque jour des caravanes d’évêques et de fidèles affluaient à Bethléem pour voir Jérôme et conférer avec lui, là où n’atteignait pas sa voix arrivaient ses écrits, dans lesquels ou il expliquait les saintes Écritures, ou il discutait avec les hérétiques. Un témoin oculaire, Sulpice Sévère, écrit à son sujet : « II est continuellement plongé dans les études et sur les livres ; il ne se donne de repos ni jour ni nuit, il est sans cesse occupé ou à lire, ou à écrire. » Saint Jérôme mourut, presque nonagénaire, le 30 septembre 420, et fut enseveli à Bethléem, près de la Crèche du Seigneur.

Rome, qui le vit une première fois dans ses murs jeune étudiant, puis, aux côtés du pape Damase, tout appliqué à aider le Pontife dans l’expédition des affaires ecclésiastiques du monde entier, doit à saint Jérôme — un jour même candidat à la chaire de saint Pierre — sa version des Livres saints, l’introduction du chant alléluiatique à la messe dominicale, la diffusion de la vie monastique au sein du patriciat, et, enfin, la célébration quotidienne de l’office divin.

Bienheureux cardinal Schuster