Le Koelner Stadt-Anzeiger a publié une interview de Abou al-Ezz, un commandant du Front Fatah al-Cham (conquête du Levant), ex-al Nosra. Extraits.
« Oui, les Etats-Unis soutiennent l’opposition, mais pas directement. Ils soutiennent les pays qui nous soutiennent. Mais nous ne sommes pas encore satisfaits de ce soutien. »
Le Front Al-Nosra a gagné des batailles grâce aux missiles antichars TOW de fabrication américaine qui ont été « donnés directement » à ses troupes. Grâce à ces missiles, « la situation dans plusieurs régions est sous contrôle ».
« Nos chars et de nombreuses lance-roquettes sont venus de Libye via la Turquie. »
« Quand le Front Al-Nosra a été assiégé, il y a eu des officiers de Turquie, du Qatar, d’Arabie saoudite, d’Israël et des Etats-Unis ici… Des experts en satellites, missiles, renseignement et caméras thermiques de sécurité. »
« Nous avons reçu 500 millions de livres syriennes [plus de deux millions d’euros] de l’Arabie saoudite. Pour capturer l’Ecole d’infanterie à Al Muslimiya il y a quelques années nous avons reçu 1,5 millions de dinars koweïtiens [environ 450.000 euros] et cinq millions de dollars de l’Arabie saoudite. »
« Nous n’acceptons personne du régime d’Assad ou de l’Armée syrienne libre. Nous avons pour but de renverser le régime et établir un Etat islamique, conformément à la charia. »
N.B. – « Abou al-Ezz » est évidemment un pseudonyme, comme en ont tous les chefs jihadistes. Il veut dire : père de la gloire, du renom, de la puissance, ou de la… violence. Le Front al-Nosra a changé de nom en juillet dernier, quand il s’est séparé « d’un commun accord » d’al-Qaida afin de pouvoir recevoir l’aide des alliés des Etats-Unis et des Etats-Unis eux-mêmes sans qu’on puisse accuser ceux-ci d’aider al-Qaida…