Gardez-vous des faux prophètes, dit Jésus dans l’évangile. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits : on ne récolte pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des ronces.
En latin spina et tribulus. En grec acantha et tribolos. Des mots qui sont en fait des synonymes, désignant des plantes piquantes. Deux mots que l’on retrouve ensemble, pour désigner la malédiction, chez Job et dans l’épître aux Hébreux, et qui font toujours référence à la Genèse.
Après le péché originel, la terre sera maudite. Et Dieu dit à Adam : « Elle produira pour toi acanthas et tribolous – spinas et tribulos. » Non seulement on ne récolte pas de raisin et de figues sur les plantes épineuses, qui ne servent qu’à blesser celui qui va y voir de trop près (on ne parle pas ici de ronces mais de plantes avec des pointes acérées), mais le raisin et les figues sont (avec le lait et le miel) les symboles de la bénédiction, de l’abondance de la terre promise. Lorsque Moïse envoie des représentants des douze tribus dans la terre de Canaan pour qu’ils voient ce qu’on y trouve (sous la direction de « Josué », c’est-à-dire Jésus, comme dit le grec), ils reviennent avec du raisin et des figues (et des grenades).
Et avant cela, c’était l’abondance du paradis. Le contraire des épines, c’était l’arbre de vie dont le fruit est incomparable. Chassés du paradis de l’arbre de vie, de la terre de volupté et de bénédiction, Adam et Eve se retrouvent dans les épines, dans la terre de malédiction. Or Jésus est venu pour nous sauver de la malédiction, pour nous faire échapper à la terre des épines pour nous faire retrouver l’arbre de vie.
C’est pourquoi il faut se garder des faux prophètes : Jésus est le seul vrai prophète. On le reconnaît à son fruit : celui de ses paroles, qui nous renvoient à ce que dit Dieu dans la Genèse, et à ce que « Josué » rapporta de Canaan, et celui qu’il donnera sur l’arbre de la Croix, arbre de Vie : son propre Corps.
Sur l’offertoire atypique de ce dimanche, voir ma note de l’an dernier.