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Vigile de l’Ascension

L’antique liturgie romaine considérait, à juste titre, qu’elle ne pouvait pas avoir d’aspect pénitentiel entre Pâques et la Pentecôte. C’est pourquoi il fallut plus de trois siècles pour que l’étrange innovation gauloise des Rogations soit acceptée dans la capitale de la chrétienté, et à la condition expresse qu’elle soit dépouillée de son jeûne (qui lui était pourtant consubstantiel et sur lequel insistait davantage encore la liturgie mozarabe).

De même, l’antique liturgie romaine n’avait pas de vigile de l’Ascension, puisque la vigile est la préparation à une fête, et a donc fatalement un aspect pénitentiel. Toutefois une messe de la vigile de l’Ascension s’imposa à Rome avant les Rogations, et le troisième jour des Rogations ne put jamais primer la vigile de l’Ascension – dépourvue de tout caractère pénitentiel, célébrée en blanc.

Cette messe de la vigile reprend les chants du dimanche précédent. Seules les lectures sont originales, et elles ont été remarquablement choisies, comme le souligne dom Pius Parsch :

Elles ont été très heureusement choisies et nous offrent deux belles images de l’Ascension. La première image est une entrée triomphale au ciel ; le divin vainqueur de la mort et de l’enfer s’avance vers le ciel, chargé d’un riche butin, et là il partage son butin ; ce sont les dons spirituels qu’il communique à son Église. Ces dons sont les charismes, les grâces d’état pour la construction du corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Église (épitre).

La seconde image est, si possible, plus belle encore : le Fils rentre dans la maison paternelle ; maintenant, il frappe à la porte et demande l’entrée (le rétablissement dans sa gloire) pour lui et pour l’humanité rachetée. C’est une pensée délicate de la liturgie de mettre dans la bouche du Sauveur, à la porte du ciel, la prière sacerdotale (évangile).