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Jeudi de la quatrième semaine de carême

 

℟. Cantémus Dómino : glorióse enim honorificátus est, equum et ascensórem projécit in mare : * Adjútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.

℣.Dóminus quasi vir pugnátor. Omnípotens nomen eius.

℟. Adjútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.

Chantons le Seigneur car il s’est glorieusement honoré ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait. Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver. Le Seigneur est comme un combattant, le tout-puissant est son nom. Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.

Ce répons des matines est le début du « cantique de Moïse » (qui est le même que le « cantique de Marie », sa sœur, après le passage de la mer Rouge. C’est un ancien répons, qui n’est pas tiré de la Vulgate. Il s’agit, comme souvent, d’une ancienne traduction latine du texte grec de la Septante, que l’on retrouvera à la veillée pascale, et que l’on trouve aussi dans le bréviaire mozarabe.

La Vulgate dit : « gloriose enim magnificatus est », et c’était aussi le texte le plus courant (c’est celui qu’avait saint Augustin). Saint Jérôme fait remarquer qu’en grec c’est « glorificatus est », mais qu’on traduit « magnificatus » parce que « gloriose glorificatus » ce n’est pas joli (« indecora »)… C’est pourtant ce qu’avait le texte hébreu (gaoh gaah), qui aime ce genre de répétitions expressives, et que le grec avait respecté. « Honoratus » paraît spécifique à la liturgie.

Ensuite on a « adjutor et protector », qui traduit exactement le grec. Saint Jérôme traduira « fortitudo mea et laus mea », qui est plus proche du texte massorétique.