Une nouvelle grande église chaldéenne a été inaugurée hier dans le Val d’Oise, à Arnouville, par le patriarche S.B Raphaël Ier Sako, la grande église de Sarcelles, inaugurée en 2004, étant désormais trop petite pour accueillir tous les fidèles.
Normalement on devrait se réjouir de l’ouverture d’une nouvelle église, et d’un afflux de fidèles. On s’en réjouit d’une certaine façon, mais c’est surtout dramatique, car ces chrétiens fuient l’Etat islamique et ils vont manquer au Proche Orient.
J’avais rencontré Mgr Petrus Yousif, le vicaire patriarcal chaldéen, dans ce qui était alors l’unique lieu de culte chaldéen de la région parisienne, Notre-Dame de Chaldée, dans le nord de Paris. C’était alors que se construisait l’église de Sarcelles, en février 2003, juste avant l’invasion américaine de l’Irak. Je me souviendrai toujours du regard de Mgr Yousif, ce désarroi, cette panique pour son peuple, car il savait que l’intervention américaine allait être une énorme catastrophe pour les chrétiens d’Irak et pour la stabilité de toute la région.
Naturellement, il est heureux que les chaldéens qui se réfugient chez nous puissent avoir leurs églises. Ceux de la région lyonnaise n’ont hélas pas cette chance puisque le cardinal Barbarin a fait construire une église latine dont les fidèles sont essentiellement des chaldéens ; or la liturgie chaldéenne demande une disposition spécifique des lieux.
D’autre part, ayant connu quelques-uns des chaldéens de Sarcelles (de deuxième ou troisième génération, venant de l’est de la Turquie) qui étaient au Front national, je sais à quel point ils peuvent s’intégrer tout en gardant leur identité (comme les arméniens). Et ces chrétiens-là sont hyper-vaccinés contre toute bienveillance maladive envers l’islam : ils savent dans leur chair ce qu’est l’islam réel.
Mais on ne peut pas se réjouir de la perspective d’un Proche Orient sans chrétiens. D’une Chaldée sans chaldéens. D’une Assyrie sans assyriens.