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L’avortement à la Cour suprême

La Cour suprême des Etats-Unis s’est penchée hier sur les lois du Texas votées en 2013 qui, de fait, restreignent l’accès à l’avortement. Je pensais que l’affaire allait être rondement menée pour condamner le Texas au nom de l’arrêt Roe contre Wade qui interdit toute entrave à l’avortement avant viabilité du foetus (et le permet encore après), de même que la Cour a récemment imposé le « mariage » homosexuel à tous les Etats. D’autant que le juge le plus pro-vie, Antonin Scalia, vient de mourir, et qu’il n’y a donc que huit juges : quatre « libéraux », dont trois femmes acharnées à défendre le « droit à l’avortement », trois conservateurs pro-vie, et le « centriste » Anthony Kennedy dont on ne sait de quel côté il penchera. Les trois juges femmes se sont montrées très agressives dans l’audition des représentants du Texas. Le juge Samuel Alito, et dans une moindre mesure le juge en chef John Roberts, se sont attachés à faire admettre par les opposants texans que les lois votées en 2013 ne sont pas seules responsables de la fermeture des avortoirs, et surtout que la diminution du nombre des avortoirs ne fait pas peser une « charge excessive » sur les femmes texanes qui veulent avorter, puisque c’était littéralement l’objet du débat.

Tout repose – ce qui est quand même ahurissant – sur ce que décidera Anthony Kennedy (qui est juge à la Cour suprême depuis 1988 et vote le plus souvent – mais pas toujours – avec les pro-vie). S’il décide qu’il est nécessaire de retourner au Texas pour obtenir davantage d’informations, l’affaire peut durer jusqu’à l’année prochaine. S’il décide de mêler sa voix aux libéraux, la Cour suprême pourrait condamner le Texas en juin prochain – et empêcher du même coup tout Etat de voter des lois similaires.