Close

Le double langage de Mme Merkel

Le 7 octobre, Angela Merkel répétait à la télévision allemande qu’elle était opposée à ce que la Turquie devienne membre de l’Union européenne, qu’elle l’avait toujours été et qu’elle n’avait pas changé d’idée. Et elle ajoutait : « Erdogan le sait. »

Dimanche, Angela Merkel est allée en Turquie. Elle a rencontré le président Erdogan et le Premier ministre Davutoglu, pour parler de la façon de reprendre les négociations d’adhésion de la Turquie en échange d’une aide à la Turquie dans la question des réfugiés (double marché de dupes, puisque la Turquie veut seulement aider à… envoyer les migrants musulmans en Europe).

« Comment pouvons-nous organiser le processus d’adhésion de façon plus dynamique ? » s’est-elle interrogée. Sic.

Elle a précisé que l’Allemagne était prête à ouvrir cette année le chapitre 17 (politique économique et monétaire), et à préparer l’ouverture des chapitres 23 et 24 sur la justice, la sécurité et les droits fondamentaux (comme le demande la Commission européenne).

En attendant, la Turquie réclame une libéralisation du régime des visas pour les Turcs qui se rendent dans l’UE, une aide de 3 milliards d’euros (pour le « fardeau » des migrants…), et la participation des dirigeants turcs aux sommets de l’UE. Mme Merkel a dit qu’elle soutiendra ces demandes…

La première réaction est venue de Chypre, dont l’existence n’est toujours pas reconnue par la Turquie. (On ne m’a toujours pas expliqué comment il était possible d’avoir des négociations d’adhésion d’un pays à l’UE quand ce pays ne reconnaît pas l’un des pays de l’UE et interdit l’entrée sur son territoire des bateaux et avions chypriotes qui sont des bateaux et avions de l’UE…)

Le président chypriote Nicos Anastasiades a déclaré que son pays était toujours opposé aux négociations d’adhésion de la Turquie, tant que ce pays n’en faisait pas davantage pour la réunification de l’île.

Chypre a bloqué six des 35 chapitres de négociation (en plus des huit chapitres bloqués par l’UE) et n’a pas l’intention de modifier sa position tant que la réunification de l’île n’avance pas. Le chapitre 17 ne fait pas partie des chapitres bloqués et Chypre ne s’opposera pas à ce qu’il soit ouvert. Mais Nicos Anastasiades a souligné que rien n’obligera Chypre à accepter l’ouverture de négociations sur les chapitres de la justice, de la sécurité et des droits fondamentaux.