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Saint Venceslas

Il y a six ans, Benoît XVI faisait un mémorable périple en Bohême et en Moravie, accompagné de Vaclav Klaus. Nostalgie…

Le 28 septembre, lors de la messe de la fête de saint Venceslas (saint Vaclav), il rappelait que pour les Tchèques saint Venceslas est le « prince éternel ». Il était en effet considéré comme le seul roi de Bohème, qui déléguait ses pouvoirs à ses successeurs (une façon de souligner la continuité de la couronne). Le tombeau de saint Venceslas est toujours au cœur du château de Prague, siège de la présidence tchèque, et en ce 28 septembre 2009 où le saint de la patrie était honoré par le pape, un collaborateur de Radio Prague disait ceci, non sans émotion, et sans fausse pudeur laïque :

Pendant tout un millénaire, le culte de Venceslas, saint patron de la Bohême, continue à résister au temps, à l’oubli et aux vagues de sécularisation. Il est même sorti vainqueur du combat contre l’idéologie communiste. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle les historiens officiels cherchaient en vain à minimiser et problématiser le rôle de ce prince dans l’histoire du peuple tchèque et aujourd’hui encore saint Venceslas (en tchèque Václav) qui a vécu probablement entre 907 et 935, continue d’être considéré comme un symbole de la nation tchèque et un élément clé de la continuité de son histoire.

Et il présentait le plus célèbre des chants tchèques, peut-être le plus ancien chant européen non liturgique qui ait été chanté sans discontinuer depuis le XIIe siècle jusqu’à nos jours, notamment à la fin des messes :

C’est vers saint Venceslas que se tournaient les Tchèques dans les temps difficiles, c’est autour de sa statue équestre sur la place pragoise qui porte son nom que se réunissaient et se réunissent de grands rassemblements populaires comme si les gens y cherchaient protection lors des moments décisifs pour l’histoire du pays. C’est saint Venceslas qui est invoqué aussi dans un des plus anciens chants de Bohême dont la création est située à la fin du XIIe siècle:

Saint Venceslas
Duc de Bohême, notre prince,
prie pour nous
Dieu et le Saint-Esprit
Kyrie eleison!

La cour céleste est merveilleuse
Bienheureux qui y va
La vie éternelle, le feu clair
du Saint-Esprit
Kyrie eleison!

Nous demandons ton aide
aie pitié de nous
réconforte ceux qui sont tristes
chasse tout le mal
Saint Venceslas! Kyrie eleison!

Le voici chanté aux funérailles de Vaclav Havel :