La plupart des gens, y compris catholiques, qui se contentent des condensés de nouvelles diffusées par les médias généralistes, pensent que le pape a demandé aux prêtres de pardonner l’avortement.
C’est d’ailleurs le titre même d’un certain nombre d’articles : « Le pape François appelle les prêtres à pardonner l’avortement », « Pour le pape François, les prêtres doivent pardonner l’avortement », etc.
En bref, pour le pape, l’avortement, ce n’est pas bien, mais il faut le pardonner.
On est loin de la mesure prise par le pape, mais c’est bien évidemment l’effet qui était voulu. Comme d’habitude. Et pour cela François a soigneusement exclu de sa lettre les deux mots qui étaient nécessaires à la compréhension de son propos : excommunication, et pénitence.
Les catholiques eux-mêmes ne savent pas que l’avortement a cela de particulier que ceux qui y participent sont ipso facto excommuniés. D’une excommunication qui ne peut être levée que par l’évêque ou un prêtre auquel l’évêque donne ce pouvoir. Le pape donne ce pouvoir à tous les prêtres pendant l’année de cet étrange « Jubilé de la miséricorde » qui ne correspond à rien.
D’autre part le pape reste flou sur le « sacrement de la confession ». Le Catéchisme de l’Eglise catholique utilise plus de 30 fois l’expression « sacrement de pénitence » ou « sacrement de la pénitence ». Parce qu’il n’opère que si le… « pénitent » entend faire… pénitence pour la « satisfaction » de son péché.
Si d’un côté on ne parle pas de l’excommunication, et de l’autre on ne parle pas non plus de pénitence, il reste seulement l’impression vague et floue que le pape « demande aux prêtres de pardonner l’avortement ». Ce qui est proprement terrifiant.
*
Le même jour, François a tenu à donner une seconde preuve de son incomparable maestria dans la fabrication de l’ambiguïté.
Il a reçu Mgr Gaillot, et, dit celui-ci :
« Je lui ai dit qu’il m’arrivait de bénir des couples divorcés-remariés et même des couples homosexuels. J’ai ajouté : On bénit bien des maisons, on peut donc bénir des personnes. Cette phrase a fait sourire le pape. Il a abondé dans mon sens et il a dit : La bénédiction de Dieu est pour tout le monde. »
Oui, la bénédiction de Dieu est pour tout le monde. Mais quand il reviendra pour le Jugement, le Christ dira : « Retirez-vous, maudits, dans le feu éternel. »
*
Alors que Mgr Gaillot rappelait son long combat pour les clandestins, le pape a commenté :
« Les migrants sont la chair de l’Église. »
Autrement dit, sans les immigrés clandestins – à 80 % musulmans, l’Eglise n’est qu’un squelette…
Au moins, là, ce n’est pas ambigu. C’est seulement aberrant.