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Les futures lordesses évêquesses

Je croyais que c’était fini, mais non. Pour aller jusqu’au bout de leur délire, les anglicans y mettent les formes. Il n’a pas suffi que les trois collèges du synode général votent à la majorité des deux tiers en faveur de l’ordination épiscopale des femmes, en juillet dernier, puis que le Parlement vote dans le même sens, et que la reine ratifie la chose. Il fallait encore un vote à main levée du synode général, ce qui a eu lieu lundi. Il y a eu une trentaine de votes contre, sur environ 480 présents. On remarque que le 14 juillet il y avait eu 72 opposants. Bref, l’opposition (qui plus est divisée entre évangéliques conservateurs et anglo-catholiques) est devenue ultra-minoritaire.

Justin Welby, retraité de l’industrie pétrolière (et qui a comme hobby d’être primat de son club anglican), a dit qu’il avait écrit au Premier ministre David Cameron pour lui demander une loi qui permette de faire en sorte qu’une évêquesse puisse intégrer la chambre des lords dès qu’elle sera choisie.

Normalement les évêques doivent faire la queue (en dehors de ceux de Canterbury, York, Winchester, Durham et Londres qui sont lords d’office) pour devenir l’un des 26 membres ecclésiastiques de la chambre des lords. Mais Justin veut un passe-droit légal pour que des femmes puissent le devenir rapidement. La loi pourrait être votée vers Noël et entrer en application à Pâques…

Il y a aujourd’hui neuf sièges vacants. Donc neuf évêquesses potentielles. Le retraité de l’industrie pétrolière prédit que d’ici 15 ans la moitié des prétendus évêques de sa prétendue Eglise d’Angleterre seront des femmes. (Sans se demander s’il y aura encore des fidèles.)

Toutefois, si la première lordesse évêquesse n’est pas une lesbienne noire mariée (éventuellement divorcée), il me semble qu’il subsistera un soupçon de discrimination dans l’Eglise d’Angleterre.

Or, s’il y a une femme noire qui pourrait postuler, Rose Hudson-Wilkin, qui est la première femme noire aumônière de la Chambre des communes, elle n’est pas lesbienne puisqu’elle est mariée à monsieur Wilkin, qui est quant à lui aumônier de prison. En outre, alors qu’elle est en bonne place sur toutes les listes de futures évêquesses, elle a déjà dit que ce n’était pas du tout son ambition, et que « s’il y en a qui passent leur temps à mourir d’envie d’être évêques, eh bien elles doivent avoir de très tristes vies… »