Accompagné des muftis du Akkar, de Baalbeck-Hermel et de Saïda, ainsi que d’une délégation de Dar el-Fatwa, le mufti de la République libanaise, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, s’est rendu hier à la résidence du patriarche maronite le cardinal Bechara Boutros Raï à Bkerké pour lui présenter le projet d’un « engagement et pacte moral » islamo-chrétien. Une délégation du Conseil de la charia islamique participait également à la rencontre.
L’idée de ce texte, a expliqué le mufti, lui est venue après les attaques de lieux de culte chrétiens en Egypte, en Irak puis en Syrie : « Certains essaient de détruire la relation entre les chrétiens et les musulmans du monde arabe ainsi que le modèle de diversité que représente le Liban. »
Le document souligne la nécessité du respect mutuel de la liberté de culte, des propriétés et de l’intégrité physique des lieux et des symboles de culte de chacune des deux parties.
Le cheikh a précisé que son texte reprend en gros le pacte que Omar ibn el-Khattab avait signé avec le patriarche de Jérusalem, Sophrone, après la conquête de cette ville, « pour qu’aucun lieu de culte ou croix chrétiens ne soient jamais touchés ».
Il ne précise pas que Sophrone était resté la seule autorité à Jérusalem à l’approche des armées du calife Omar qui avait déjà pris Damas. Les généraux arabes demandèrent à Sophrone de capituler. Celui-ci répondit qu’il ne traiterait qu’avec le calife. Celui-ci se montra en effet respectueux du patriarche et des lieux saints, et il ordonna de les « protéger », et de « protéger » les chrétiens. Ce « pacte » n’est rien d’autre que le « pacte d’Omar », qui est la charte de la dhimmitude…