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Le vote de Crimée et les dictateurs occidentaux

Le résultat du référendum en Crimée était connu d’avance, mais la vague russophile a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer : 96,77% de voix pour le rattachement à la Russie, avec un taux de participation de 83%.

Au détour des reportages, on comprend que si les Tatars (12% de la population) ont boudé le scrutin, la grande majorité des Ukrainiens de Crimée ont voté eux aussi pour le rattachement, espérant bénéficier de meilleures conditions de vie dans l’orbite russe que dans le cloaque ukrainien.

Ce matin, le Parlement de Crimée a voté le rattachement de la République à la Fédération de Russie, par 85 voix sur 85.

François Hollande avait qualifié le référendum de « pseudo consultation », parce qu’il n’est pas conforme « au droit interne ukrainien et au droit international », et affirmait qu’il ne reconnaîtrait pas le résultat.

François Hollande faisait partie de la nomenklatura qui, en France, n’a pas reconnu le résultat du référendum sur la Constitution européenne. Il y a donc une continuité. Et l’on se souvient du cri unanime des eurocrates après le référendum suisse limitant l’immigration : « Heureusement qu’il ne peut pas y avoir de tels référendums chez nous ! »

Donc il en est de même pour le référendum de Crimée. Les dictateurs ne veulent pas que le peuple s’exprime. Et quand il est unanime c’est une raison de plus de le mépriser. Même si le référendum ne fait qu’exprimer une évidence.

On pourra lire chez Jacques Sapir pourquoi « qualifier le référendum d’illégal du point de vue de la loi ukrainienne est une profonde sottise et montre de la part des dirigeants qui utilisent cet argument une incompréhension totale des principes du Droit ».

D’autre part, on constatera que Laurent Fabius a failli mourir. Si le ridicule tuait, il serait mort, en effet. Ce référendum, a-t-il dit, « est d’autant plus illégitime qu’il s’est déroulé sous la menace des forces d’occupation russes ». Alors que toutes les images (des chaînes occidentales anti-russes) prouvent le contraire. Laurent Fabius devrait peut-être arrêter de lire Le Monde, qui ne craignait pas de commencer ainsi un article : « Le référendum du 16 mars, accompli sous la menace des baïonnettes russes et cosaques qui tiennent le territoire en joue »…

Simplement parce que des Russes disent qu’ils sont russes…