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La coupe du monde dans le sang des esclaves

Quelque 500 travailleurs indiens sont morts au Qatar, ces deux dernières années, sur les chantiers de la coupe du monde de football qui doit se dérouler dans cet émirat en 2022.

500 morts, cela fait une vingtaine par mois.

Le président de la commission nationale des droits de l’homme du Qatar, Sumaikh Bin Ali al-Marri, a déclaré que cette mortalité est tout simplement normale : « Si vous regardez le nombre de Qataris qui sont morts de mort naturelle ces deux dernières années, vous verrez que le nombre de morts chez les Indiens est normal. »

Il est difficile d’être plus monstrueusement cynique, car il est bien évident que la mortalité ne devrait pas être du tout la même chez les Qataris, ce qui comprend les malades et les vieux, et chez les travailleurs indiens, qui sont des jeunes hommes en bonne santé.

Chacun sait que les ouvriers qui travaillent sur ces chantiers sont de quasi-esclaves (on leur prend leurs passeports, ils ne peuvent pas changer d’entreprises, leurs conditions de travail et de rémunération sont proches de l’esclavage). Et en outre ils meurent comme des esclaves. Sans qu’aucune soi-disant grande conscience ne s’en préoccupe. Sans que personne ne dénonce l’ignoble propos de l’homme qui est à la tête de la soi-disant commission des droits de l’homme.

Car le Qatar islamiste (où l’esclavage est donc une tradition) est le grand ami financier (et diplomatique, et culturel) des puissances occidentales.

Et le foot est une divinité à laquelle on peut bien sacrifier quelques centaines d’Indiens.