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Retour sur « Evangelii gaudium »

Cette exhortation apostolique confirme ce que disait George Weigel du « catholicisme évangélique », dont selon lui le cardinal Bergoglio était une des grandes figures.

En effet, ce texte interminable peut se résumer en une courte phrase : « L’important est d’aller dire partout, à tout le monde : Jésus vous aime. »

Par conséquent la doctrine est secondaire. C’est pourquoi on peut la confier aux conférences épiscopales. Si ça leur chante.

C’est pourquoi aussi il est intolérable d’être attaché à des formes liturgiques du passé, ou à une forme de prière qui ne soit pas directement liée à l’activisme évangélisateur. En bref, selon la formule que j’ai déjà citée hier et qui est d’une violence inouïe : « un musée folklorique d’ermites renfermés, condamnés à répéter toujours les mêmes choses ».

De même :

« La contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge. » (n. 281).

C’est pourquoi :

« Un prédicateur est un contemplatif de la Parole et aussi un contemplatif du peuple. » (n. 154).

Mais j’avoue que depuis hier je m’interroge désespérément sur ce qu’est la contemplation du peuple. Et sur le sens que François donne généralement au mot contempler, contemplation (qui revient plusieurs autres fois dans l’exhortation). Dans la doctrine et l’expérience millénaire des ermites renfermés, ce mot n’a pas de complément. La contemplation est un état de la prière où l’homme s’unit à Dieu. C’est pourquoi les ermites renfermés s’appelaient aussi « moines contemplatifs ». Je le dis au passé parce que je suppose que ces suppôts d’une Eglise rance et moisie, comme les « théologiens de bureau » (n. 132), vont avoir à cœur de se précipiter aux périphéries pour faire plaisir au pape…