Cette fête a été inventée par Pie XII en 1954. Quatre ans avant, le même pape avait promulgué le dogme de l’Assomption. J’avoue ne voir l’intérêt ni de l’un ni de l’autre. L’Assomption a toujours été célébrée en Orient comme en Occident, et le dogme ne définit rien de plus que ce que la tradition a toujours dit (et nettement moins que ce qu’en dit la tradition orientale). D’autre part l’Assomption est véritablement ce qui illustre la royauté de Marie, et c’est le 15 août qu’a toujours été fêtée Marie Reine de France (et Marie reine de bien d’autres pays le même 15 août).
En outre, la liturgie de cette fête qui ne s’inscrit dans aucune tradition liturgique a été conçue selon la nouvelle traduction des psaumes, qui porte le nom du cardinal Bea et qui est une aberration. Le ver était déjà dans le fruit… Et cette messe est typique de l’arrogance des novateurs qui n’hésitent pas à contredire les pères et docteurs de l’Eglise. Dans l’office, on a laissé la citation du psaume 44 que fait saint Athanase lui-même cité par saint Pierre Canisius : « La Reine s’est tenue à ta droite, dans un vêtement d’or ». Mais dans la messe le même verset est devenu, © Bea : « La Reine se tient à sa droite, ornée d’or d’Ophir ».
C’est bien pire en latin. La version traditionnelle dit :
Astitit regina a dextris tuis, in vestitu deaurato.
La version Bea dit :
Regina adstat ad dexteram eius, ornata auro ex Ophir.
Le rythme paisible et solennel est détruit, il devient heurté, haché, avec deux hiatus rédhibitoires : regina adstat, ornata auro.
Voilà comment on détruisait la liturgie avant même la grande destruction…
Consolons-nous avec le bienheureux Fra Angelico, qui n’avait pas besoin d’une nouvelle fête liturgique pour peindre ceci :
