Tout va de plus en plus vite. Même le Conseil constitutionnel. La loi sur le « mariage » homosexuel n’est même pas encore arrivée en discussion à l’Assemblée nationale, elle n’est donc pas votée, on n’en a donc pas encore le texte, mais le président du Conseil constitutionnel fait déjà savoir que cette loi est parfaitement conforme à la Constitution.
Pour une raison très simple, c’est que « c’est aux élus de la nation de dire quelle forme ils veulent donner au mariage ». Toute contestation de la dénaturation du mariage est donc balayée a priori. Les constitutionnalistes qui préparent des arguments sont prévenus : ils travaillent en vain. Le Conseil constitutionnel ne les regardera même pas.
Jean-Louis Debré renvoie à la « décision du 28 janvier 2011 ». La décision par laquelle le Conseil constitutionnel déclarait que l’interdiction du « mariage » homosexuel est conforme à la Constitution, parce que c’est la loi, et que la question est du ressort du législateur.
Si le législateur décide le contraire, le « mariage » homosexuel sera donc tout aussi conforme à la Constitution que son interdiction l’était…
En réalité, contrairement à ce que prétend aujourd’hui son président, le Conseil constitutionnel n’a pas dit que les députés pouvaient définir le mariage comme ils l’entendaient : il a dit qu’il revenait au législateur de « fixer les conditions du mariage dès lors que, dans l’exercice de cette compétence, il ne prive pas de garanties légales des exigences de caractère constitutionnel ». Pas besoin d’être docteur en droit pour comprendre que ce n’est pas la même chose.