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Ioustos

Ayant entrepris de lire les Actes des apôtres en grec, je fais une étonnante découverte. Lorsqu’il s’agit d’élire un apôtre en remplacement de Judas, il y a deux candidats, le premier étant Joseph, qu’on appelle Barsabas (ou Barsabbas, ou Barnabas), et dont le surnom est « le Juste » (Actes 1, 23). Dans le latin de la Vulgate, c’est, très normalement, « Justus ». Mais dans le texte grec, c’est… « Ioustos ». Or Ioustos n’est pas un mot grec. C’est la simple transcription du latin Justus.

Et il y a deux autres juifs dans le Nouveau Testament qui sont surnommés « Ioustos », donc le Juste, en latin : un homme chez qui va saint Paul à Corinthe (Actes 18, 7). Mieux même, dans la Vulgate et dans les manuscrits grecs retenus dans l’édition Merck, ce juif s’appelle Titus (en grec Titios) Justus. Titus aussi est un nom latin.

Le troisième est un homme qui s’appelle Jésus et qui salue les Colossiens avec saint Paul (Colossiens 4, 11).

Il en ressort que le latin n’était pas seulement la langue de l’occupant.

Mais serait-il vraisemblable que les juifs de l’époque parlassent araméen, grec (comme tout le monde dans le bassin méditerranéen)… et latin ?

J’avais lu dans une histoire de Pologne que les juifs de Lituanie parlaient yiddish, lituanien et polonais (trois langues qui n’ont aucun point commun)…