Le Monde ne craint pas de titrer un article : « Un document relance le débat sur le mariage de Jésus ».
De quoi s’agit-il ?
D’un petit bout de parchemin daté du IVe siècle, où l’on peut lire, en copte ancien : « Et Jésus leur dit : Ma femme… »
Et l’on nous cite de doctes propos de la découvreuse, Karen King, professeur à la Harvard Divinity School à Cambridge dans le Massachusetts, qui sont censés étayer le titre.
Or il n’est pas besoin d’être un spécialiste pour savoir qu’au IVe siècle pullulaient les faux évangiles gnostiques, notamment en copte (comme le plus célèbre d’entre eux, l’Evangile selon Thomas, découvert en 1945). Evangiles caractérisés notamment par le fait qu’il s’agit d’une suite de propos attribués à Jésus commençant toujours par « Jésus a dit ».
Un tel fragment ne permet même pas d’affirmer que le propos puisse être attribué à Jésus-Christ, plutôt qu’à Jésus ben Sirach (l’auteur de l’Ecclésiastique) voire à Josué (dont le nom en copte comme en grec et en hébreu s’écrit exactement comme Jésus), ou à un autre Jésus…
Bref, le bout de parchemin ne peut rien relancer du tout. Surtout pas un « débat » qui n’a aucun sens.