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Mais oui, le moindre pire, monsieur l’abbé !

Un prêtre connu pour ses surabondantes qualités intellectuelles croit bon de convoquer saint Thomas d’Aquin pour réfuter le « moindre pire » de Bernard Antony.

Mais puisqu’il s’agit de faire comprendre que l’expression « moindre pire » n’est pas correcte (comme si c’était la question), il suffisait de faire appel à la grammaire. Pas la peine d’invoquer les mânes du grand maître du rationalisme théologique.

Or Bernard Antony, et moi-même qui ai repris l’expression, savons, évidemment, qu’en français correct (pas besoin du thomisme) on ne peut pas dire « moindre pire ».

Il n’en demeure pas moins que l’expression, qui certes fait appel non à la logique mais à un grain de sel dont était cruellement dépourvu le boeuf muet, a un sens… métagrammatical – ou poétique, que l’on comprend aisément : le monde du moindre pire, c’est celui qui est encore plus bas que le monde du moindre mal.

Or, monsieur l’abbé, ce n’est pas la concierge qui parle ainsi. C’est le petit enfant. Et quand mon petit-fils de 4 ans dit : « c’est moins pire », il sait très bien ce qu’il dit.

Si vous ne devenez pas comme de petits enfants…