Ales diei nuntius
Lucem propinquam præcinit :
Nos excitator mentium
Jam Christus ad vitam vocat.
Auferte, clamat, lectulos,
Ægro sopore desides :
Castique, recti, ac sobrii
Vigilate, jam sum proximus !
Jesum ciamus vocibus,
Flentes, precantes, sobrii :
Intenta supplicatio
Dormire cor mundum vetat.
Tu, Christe, somnum discute,
Tu rumpe noctis vincula,
Tu solve peccatum vetus,
Novumque lumen ingere !
Deo Patri sit gloria,
Ejusque soli Filio,
Cum Spiritu Paraclito,
Et nunc et in perpetuum. Amen.
Le messager du jour au réveil nous convie :
Sur notre âme Jésus fait un pareil effort,
Et l’arrachant lui-même au frère de la mort,
La rappelle à la vie.
« Quittez, quittez ces lits où règne la paresse
(C’est ce qu’au fond des cœurs il crie à haute voix),
Veillez, tenez ces cœurs chastes, sobres et droits :
J’approche, et le temps presse. »
Répondons à sa voix avec une foi vive,
Avec des pleurs, des vœux, de la sobriété ;
Faisons que le sommeil cède à la pureté
D’une ardeur attentive.
Dissipes-en, Seigneur, les vapeurs infidèles ;
Romps ces honteux liens dont nous charge la nuit,
Et répands sur l’horreur du vieux péché détruit
Des lumières nouvelles.
Gloire au Père éternel, tout bon, tout saint, tout sage !
Gloire au Verbe incarné ! Gloire à l’Esprit divin,
Qui procédant des deux règne avec eux sans fin,
Et veut pareil hommage !
(Hymne des laudes du mardi, composée des strophes 1, 2, 21 et 25 de l’Hymne au chant du coq de Prudence, traduction de Pierre Corneille.)