« L’évêque intégriste persiste et signe », lit-on et entend-on partout, après l’interview de Mgr Williamson au Spiegel.
Ce n’est pas exact.
Il dit avoir « fait des recherches dans les années 1980 » sur la Shoah et être « pour cette raison convaincu de l’exactitude » des positions qu’il défend. « Je dois tout réexaminer encore une fois et voir les preuves », ajoute-t-il. « Il s’agit de preuves historiques, pas d’émotions. Et si je trouve des preuves alors je rectifierai. Mais cela va prendre du temps. » Et il indique avoir commandé « un livre de Jean-Claude Pressac » sur la technique des chambres à gaz à Auschwitz : « Je vais le lire et l’étudier. »
Or Jean-Claude Pressac fut un militant négationniste, le plus proche collaborateur de Faurisson, et à force d’étudier la question il changea radicalement d’avis, au point de devenir le plus grand spécialiste des chambres à gaz et des fours crématoires et de faire des découvertes sur le sujet, alors qu’il n’était pas historien.
D’autre part, Mgr Williamson continue de prétendre que Vatican II a provoqué « le chaos théologique que nous avons aujourd’hui », et la… « dictature du relativisme » imposée par « les évêques libéraux ». Mais là il reprend une expression de Benoît XVI.
Et il ajoute, « étonné » de l’ampleur de la polémique autour de ses déclarations : « Je suis seulement l’instrument » avec lequel certains veulent « agir contre le pape ». « Visiblement, le catholicisme de gauche n’a pas encore pardonné le fait que Ratzinger soit devenu pape. »
Ce qui est manifestement une défense de Benoît XVI.