L’AFP a tenté d’avoir, à Davos, des commentaires des dirigeants de la finance internationale à propos de l’affaire de la Société Générale, à laquelle un courtier a fait perdre 4,9 milliards d’euros selon la version officielle.
L’omerta est complète.
L’agence n’a pu que recueillir cette confidence aussi intéressante qu’anonyme : « Ça pourrait arriver à n’importe qui. Ça ne m’étonne absolument pas. Ce genre de catastrophe va se reproduire et pour des montants encore plus énormes. Le problème, c’est que les banques sont devenues des supermarchés: elles veulent faire tous les métiers à la fois, banque de détail, banque d’affaires, courtage, et les dirigeants ne comprennent pas ce qui se passe dans leurs salles de marché. Autrefois, les banques étaient spécialisées sur un métier de base et il était beaucoup plus facile de surveiller l’activité des employés. La déréglementation a tout changé: elle a permis un développement considérable de l’activité bancaire, mais on en paie le prix aujourd’hui. »
Pour arriver à contrôler efficacement les transactions, il faudrait selon lui des investissements gigantesques dont les banques n’ont pas les moyens.