Mogadiscio est une fois de plus en proie au chaos, et les civils fuient les combats entre les insurgés islamistes et l’armée… éthiopienne. A 250 km de là, à Baidoa, le « président » somalien exhortait dimanche les députés à limoger le Premier ministre. Lequel a démissionné aujourd’hui. Ce qui n’a aucune importance, puisque le « gouvernement » n’a aucune influence sur les événements. La guerre civile dure depuis 1991. Elle a connu différents épisodes médiatiques : Kouchner et son sac de riz, l’opération américaine ratée (faucon noir), plus récemment les bombardements américains aveugles censés combattre Al Qaïda, l’arrivée de l’armée éthiopienne…
En 2004, les parlementaires somaliens en exil avaient élu un président qui avait nommé un Premier ministre et un gouvernement. En février 2006 ces dirigeants ont réussi à rentrer en Somalie. Je lisais alors avec effarement les commentaires de prétendus spécialistes qui chantaient victoire et affirmaient que c’en était fini de la guerre civile. Or le gouvernement et les parlementaires ne firent que passer à Mogadiscio, avant de s’installer à Baidoa…
Trois mois plus tard, les islamistes prenaient le pouvoir, avant d’être chassés par les Ethiopiens, qui n’arrivent évidemment pas à imposer un semblant d’ordre, à défaut d’une paix impossible dans un pays ravagé par des seigneurs de guerre et des activistes islamistes…