Close

Effacer Jules Verne

La Métropole nantaise, dont la présidente est le maire de Nantes, la très socialiste Johanna Rolland, projette de créer dans une friche industrielle une « Cité des imaginaires », avec notamment un « Grand Musée Jules Verne ». Mais un collectif s’oppose à ce projet avec véhémence :

« La métropole nantaise et ses élus ne peuvent fermer les yeux sur la place et le rôle de l’imaginaire vernien dans l’histoire coloniale et dans la crise écologique contemporaine. L’heure n’est plus à la quête d’attractivité, ni à l’invention d’une fake culture basée sur un exotisme de pacotille et sur une culture littéraire colonialiste. La ville de Nantes s’honorerait à mettre en avant d’autres figures de l’histoire locale que cet écrivain blanc et bourgeois aux récits problématiques, et qui était à la fois raciste et antisémite. »

Car on a beau tout faire pour être de gauche et woke, on trouve toujours plus à gauche et plus woke…

Enfin !

Pour la première fois, le prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes a été décerné à un homme, Carlos Gascon, 52 ans, marié, un enfant, qui se dit femme depuis six ans.

L’escalade

D’abord il n’était pas question d’envoyer en Ukraine des armes offensives, puis on en a envoyé. Il n’était pas question d’envoyer des chars, puis on en a envoyé. Il n’était pas question d’envoyer des avions, puis on en a… promis. Il n’était pas question d’envoyer des missiles à longue portée, puis on en a envoyé, mais à condition que ne soient pas visées des cibles sur le territoire de la Russie.

La nouvelle escalade est grave : elle consiste à permettre à l’Ukraine d’envoyer des missiles au cœur de la Russie. Le Royaume-Uni, qui dirige cette guerre depuis le début, a déjà unilatéralement donné cette permission. Des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour que soit prise la même décision, ce qui devrait être fait dans les jours qui viennent. D’autant que le chef de l’OTAN Jen Stoltenberg a pris hier la même position : « Le moment est venu pour les alliés de réfléchir à la possibilité de lever certaines des restrictions qu’ils ont imposées sur l’utilisation des armes envoyées à l’Ukraine », et précisément de donner à Kiev « la possibilité d’utiliser ces armes contre des cibles militaires légitimes sur le territoire russe ». C’est ce qu’a demandé aussi la semaine dernière Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale.

Dès la permission accordée par le Royaume Uni, la Russie a fait savoir que la riposte légitime serait de frapper les cibles britanniques « en Ukraine et au-delà ». Car la fiction a volé en éclats selon laquelle les armes utilisées par l’Ukraine ne sont pas des armes de l’OTAN mais des armes ukrainiennes puisque achetés par l’Ukraine. Il y a longtemps que l’Ukraine ne peut plus acheter d’armes et qu’on les lui donne : « les armes envoyées à l’Ukraine », dit bien Stoltenberg. Les armes de l’OTAN, avec instructeurs de l’OTAN, et renseignements de l’OTAN. C’est donc clairement l’OTAN qui attaque la Russie. Il ne servira à rien de gémir quand la Russie ripostera sur le territoire ennemi : celui des pays de l’OTAN fournisseurs de missiles à longue portée. Dont la France.

Non à la dictature pandémique

Près de la moitié des gouverneurs américains : 24, ont signé une lettre adressée au Président des Etats-Unis, déclarant qu’ils s’opposeront à toute tentative de l’OMS de contrôler la politique sanitaire des États-Unis par le biais de son projet d’« accord sur les pandémies » et de son règlement sanitaire international (RSI) modifié.

L’objectif de ces accords, soulignent-ils, est de permettre à l’OMS de « restreindre les droits des citoyens américains, y compris les libertés telles que la liberté d’expression, la vie privée, les voyages, le choix des soins médicaux et le consentement éclairé, violant ainsi les principes fondamentaux de notre Constitution ».

Ces accords « chercheraient à élever l’OMS » d’un simple organe consultatif – même s’il est déjà très influent – « à une autorité mondiale en matière de santé publique » capable de « contraindre les citoyens à se conformer aux directives de l’OMS », y compris, potentiellement, à des mandats d’intervention médicale. Les gouverneurs notent que l’OMS serait en outre en mesure de « déclarer unilatéralement une “urgence de santé publique de portée internationale” (PHEIC) dans les pays membres, allant au-delà des pandémies pour inclure une série d’urgences perçues ».

« En tant que gouverneurs, nous affirmons que la politique de santé publique est une question réservée aux États, et non au gouvernement fédéral, et certainement pas à des organismes internationaux comme l’OMS. Nous nous engageons à résister à toute tentative de transfert d’autorité à l’OMS sur les politiques publiques concernant nos citoyens ou à toute tentative de l’OMS d’affirmer une telle autorité sur eux. »

Rappelons que l’idée lumineuse de conclure un traité contraignant sur les pandémies, donnant à l’OMS une autorité dictatoriale sur toute la planète, vient bien sûr de l’Union européenne, et fut formulée en 2020 par Charles Michel, lors du… Forum de Paris sur la paix…

Cela dit, ça coince, quand même. Après deux ans de discussions, le 9e cycle s’est terminé le 28 mars sur un échec. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, gardait l’espoir que l’accord puisse être conclu lors de la 77e Assemblée mondiale à Genève, soulignant que l’« accord est un instrument qui sauve des vies, et non un simple morceau de papier ». Sic.

Mais la 77e Assemblée mondiale, qui « aurait dû être l’apothéose d’un processus de négociations de deux ans qui avait été entamé à la suite du traumatisme causé par la pandémie de Covid-19 », comme dit pompeusement Le Temps, s’ouvrira lundi à Genève « sur un constat d’échec ». Hier, en effet, l’Organe intergouvernemental de négociation (INB) a dû admettre qu’il restait trop de points de désaccords pour conclure le traité mondial de dictature pandémique.

La persécution

L’avocat Robert Amsterdam, agissant au nom de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, a envoyé une lettre de 18 pages au président du Conseil de sécurité de l’ONU pour lui demander de se saisir de l’affaire des persécutions dès que possible, compte tenu de l’adoption imminente d’une loi visant à interdire complètement l’Église

*

yv2q9z_h.jpeg

La cour d’appel a rejeté le recours de l’Eglise orthodoxe ukrainienne concernant la cathédrale de Kanev, dans la région de Tcherkassy. Elle confirme donc que la cathédrale doit revenir à l’Etat (mais elle n’a jamais été qu’à l’Etat communiste…), selon la décision du tribunal qui avait annulé la reconnaissance par la municipalité, en 2003, qu’elle appartenait à l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Parce que tous les « monuments historiques » appartiennent à l’Etat… (L’église actuelle date de 1810, mais l’église originelle avait été construite en 1144.)

*

Le conseil municipal de Kiev a voté deux décisions visant à inspecter les actes de propriété ou de location des immeubles et terrains des « organisations religieuses dirigées par le pays agresseur qu’est la Russie sur le territoire de Kiev » (sic).

Si la durée de l’accord est dépassée, elle ne sera pas prolongée et la communauté sera contrainte de quitter l’église. Si la durée du contrat n’est pas terminée, les autorités saisiront la justice pour résilier le contrat avant son terme… Sic.

*

Le tribunal de Kiev-Svyatoshynsky a examiné le 12 mai la troisième affaire concernant les accusations d’incitation à la haine religieuse portées contre le métropolite Théodose de Tcherkassy.

Le métropolite a pu expliquer que cette accusation est absurde, puisqu’il n’avait fait que citer, littéralement, saint Luc de Simferopol : « L’absurdité de cette situation réside dans le fait que l’Eglise orthodoxe d’Ukraine honore également saint Luc et construit ses églises en son honneur. Et pourtant, ils n’ont pas aimé la citation in extenso de saint Luc. Comme elle révèle leur incohérence théologique ecclésiologique, ils la perçoivent comme une incitation à la haine religieuse contre eux. Qu’ils intentent un procès à saint Luc lui-même… Mais l’incitation à l’hostilité n’est pas de mon fait ni de celui de saint Luc, mais de celui des représentants de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, qui se prétendent victimes dans cette mise en scène. »

« Génocide »

Hier, l’ONU a proclamé le 11 juillet « Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica ».

Le massacre de Srebrenica, commis en 1995 par des unités de l’armée serbe et une milice serbe, a été qualifié cinq fois de « génocide » par le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie, puis par la CPI, puis désormais par l’ONU (et par l’Education nationale française).

Les victimes ont été quelque 8.000 hommes en âge de porter des armes, à l’exclusion des femmes et des enfants, et le massacre n’a pas été planifié par un gouvernement. Pour être particulièrement horrible, ce crime ne correspond donc cependant en aucune manière à la définition du « génocide ».

A Gaza, l’armée israélienne, obéissant aux ordres du gouvernement, a massacré jusqu’ici plus de 35.000 personnes, dont 9.000 femmes et 14.000 enfants. Parce qu’aucun Palestinien n’est innocent. Ce sont les critères mêmes du génocide.

Mais ce n’est pas un génocide, c’est de la légitime défense…

La reine de la nuit

Capture d’écran 2024-05-24 à 16.19.36.jpg

C’est toujours un événement quand fleurit, dans la serre du célèbre jardin botanique de Saint-Pétersbourg, la reine de la nuit, une plante tropicale qui est arrivée dans ce jardin au début du XVIIIe siècle.

Ce cactus est appelé ainsi parce que, au bout de longues années, souvent 20 ans, il fait éclore à la tombée de la nuit, une fois par an, mais pas tous les ans, une fleur de près de 40 cm de diamètre, dégageant un intense parfum de vanille, et qui se fane à l’aube. Reine de la nuit qu’une autre reine, Marie-Antoinette, aurait passé de longues heures à observer.

L’université de Saint-Pétersbourg l’a filmée toute la nuit du 22 mai pour ceux qui voudraient faire comme Marie-Antoinette à distance. C’était en direct. Mais les images s’arrêtent avant que la fleur fane (ce serait trop triste ?).

En fait elle se referme pour ne plus s’ouvrir. L’intégralité du processus en très accéléré (12 heures en 18 secondes) :

Réparation

Dans une publication par ailleurs appréciable et courageuse, un malfaisant compulsif vient de cracher méchamment, cette fois, sur Gustave Thibon (et Simone Weil), convoquant pour cela le thomisme le plus obtus et racorni. Au passage, le malfaisant compulsif, faisant de Jean Madiran un juge d’instruction à charge, « oublie » de signaler que les cinq premiers numéros de Présent (toute la première semaine, janvier 1982) avaient en leur cœur même une grande interview de Gustave Thibon. Ce n’est pas anodin.

En réparation, voici quelques pépites de l’inépuisable mine d’or spirituelle que sont les écrits de Gustave Thibon, prises dans les premiers chapitres de son avant-dernier recueil, « Le voile et le masque », qu’il m’avait ainsi dédicacé : « Pour Yves Daoudal, en très cordial souvenir de son témoignage d’une amitié sans masque. De tout cœur, Gustave Thibon ». (Mais le plus beau de ses titres reste : « Notre regard qui manque à la lumière », de 1955, ainsi explicité : « Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière ».)

 

Dans le clair-obscur du pèlerinage terrestre où l’homme masque son néant et où Dieu voile son Etre, pas d’autre voie de salut que la prière, en attendant l’heure de vérité où, pour citer une fois encore l’intarissable Hugo, « le masque tombera du visage de l’homme et le voile du visage de Dieu ».

 

La croix est le seul trait d’union entre l’homme et Dieu d’où l’illusion soit absente.

 

Dieu – ce nom prostitué jusqu’à ne plus rien signifier – fausse clef à force d’être devenu passe-partout. Mais vrai passe-partout aussi dans ce sens qu’il permet non pas d’ouvrir, mais de traverser toutes les portes, qu’il les rend transparentes en les laissant fermées. Ainsi du mal, du malheur, de la mort.

 

Mort du Christ. Un petit incident local répercuté dans tous les lieux et dans tous les siècles. Humilité de Dieu qui a caché la source de l’éternel dans un si mince repli de l’histoire…

 

Le temps : Déroulement de l’éternel. Il faut inverser le mouvement de la création et le transformer en enroulement autour de l’éternel. C’est le redimere tempus de l’Apôtre, la « décréation » de Simone Weil. Rites quotidiens, cycles liturgiques, etc.

 

Hugo : « A la mort le masque tombera du visage de l’homme et le voile du visage de Dieu. » Ne pas attendre la violence de la mort. Chaque masque qui tombe du visage de l’homme fait tomber un voile du visage de Dieu. C’est peut-être le sens profond du nosce te ipsum de Socrate.

 

Disproportion scandaleuse entre l’infinité des promesses divines et l’accueil infinitésimal qu’elles trouvent en nous.

 

Faiblesse des mobiles spirituels non irrigués par la chair et par le sang. Pourquoi l’âme a-t-elle besoin de ces leviers ? Dialectique de l’amour dans Platon : la pesanteur au service de l’impondérable – les créatures, terrains d’envol vers le divin. Mais terrain si détrempé que je m’y enlise au lieu d’en décoller…

 

Rien dans l’homme n’est à la hauteur du discours de l’homme. – et c’est la preuve voilée de l’existence d’un univers supérieur d’où descendent ces éclairs d’impossible perfection.

 

Péché originel. On dit indifféremment blessure ou tache originelle. Alors que la différence est immense entre ces deux aspects de la chute. Plus la tache s’efface, plus la blessure se creuse et se fait douloureuse : ce sont les êtres purifiés (les saints) qui en souffrent le plus. Inversement, plus la tache est épaisse, plus elle envenime la plaie et, du même coup, l’anesthésie. Les maux de l’âme les plus incurables sont aussi les plus indolores. La médiocrité dans le mal, péché suprême. Ascèse : désinfecter la plaie, la mettre à nu et à vif. La transfusion divine est à ce prix…

 

Campagnes contre la peine de mort. Sensibilité épidermique – je serais tenté de dire prurit idéologique. Et qui va de pair avec la justification de l’avortement – même symptôme de décadence. La société élimine ses promesses inécloses et conserve jalousement ses pires déchets.

Ils n’en veulent plus

Voilà quatre mois que la Russie a communiqué à l’Ukraine une liste de 500 prisonniers de guerre, à échanger contre le même nombre de prisonniers russes en Ukraine. Mais le gouvernement ukrainien n’accepte de reprendre que 38 d’entre eux, essentiellement des nazis du régiment Azov.

La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonian, a publié hier soir les noms des 500 prisonniers ukrainiens : « Je pense qu’il sera intéressant pour les épouses, les mères et les citoyens ukrainiens en général de lire cette liste. »

Ubu écossais

Le parti Vert écossais a exclu 13 de ses membres parce qu’ils avaient signé une déclaration prétendant que « le sexe est une réalité biologique » et « ne doit pas être confondu avec le genre »…