Lorsque j’ai lu le fameux document de la Congrégation de la doctrine de la foi rappelant dans un « responsum » à un dubium » qu’un prêtre ne peut pas bénir des couples de personnes de même sexe, je me suis dit que ça n’avait aucun intérêt, puisque les vrais prêtres catholiques le savent depuis toujours, et que ceux qui bénissent les paires de sodomites continueront de le faire.
Mais finalement je me demande si, paradoxalement mais consciemment, ce texte n’a pas été publié pour faire avancer la cause LGBT dans l’Eglise. (D’autant qu’on ne voit pas qui pouvait avoir un « doute » au sujet de ces bénédictions.)
On a vu les réactions outrées et médiatisées de plusieurs évêques, notamment d’Allemagne, de Belgique, d’Autriche. Sept des dix évêques d’Autriche avaient déjà rejeté le texte de Rome. Et voici que le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne et membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi (le deuxième cardinal par ordre de rang en ministère actif, dit-on), vient lui aussi de dire ouvertement, et clairement, que les prêtres doivent bénir les unions de sodomites et de lesbiennes. Ce n’est pas une surprise, tant Schönborn est connu pour son amour des invertis, mais on ne s’attendait pas forcément à ce qu’il contredise frontalement un document romain. Voir l’article de Jeanne Smits.
En outre, on a entendu le pape, à l’Angélus de dimanche dernier, critiquer lui-même le document. Bien sûr, comme il s’agissait de son discours habituel contre le « légalisme » et le « moralisme », ce n’était pas certain. Mais il a chargé ses journalistes fétiches de dire que c’était le cas.
Sandro Magister rappelle opportunément que lorsque la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié Dominus Jesus, qui avait provoqué une énorme polémique, Jean-Paul II avait demandé au cardinal Ratzinger de rédiger un texte, pour son Angélus, montrant qu’il approuvait le document de façon indiscutable. Le contraire donc de ce qu’a fait François.
Ainsi, le « responsum » de la Congrégation pour la doctrine de la foi fonctionne-t-il en fait comme un appel à dire et faire le contraire de ce qu’il rappelle…
Et, comme pour bien enfoncer le clou, François a nommé mercredi à la Commission pontificale pour la protection des mineurs un sodomite déclaré, Juan Carlos Cruz. (C’est à lui que François avait dit : « Que vous soyez gay importe peu. Dieu vous a fait ainsi et vous aime ainsi. Cela n’a pas d’importance. Le Pape vous aime ainsi. Vous devez être heureux de ce que vous êtes. »)
Ci-dessous quelques rappels sur le cardinal Schönborn :
En 2008, en pleine Semaine Sainte, il autorise, dans le Musée diocésain de Vienne, une exposition blasphématoire présentant la Cène comme une orgie d’invertis.
En 2009, à la veille de l’ouverture de l’Année sacerdotale, il se rend à Rome avec une délégation d’évêques autrichiens pour présenter au Pape un appel demandant l’abolition de l’obligation du célibat, le retour en activité des prêtres mariés, l’ouverture du diaconat aux femmes.
En octobre 2009, il interdit à l’évêque auxiliaire de Salzbourg de participer à une marche pour la vie.
En mai 2010, il allume une polémique contre le cardinal Sodano, et déclare que le célibat sacerdotal est l’une des raisons des affaires de « pédophilie ». Convoqué par Benoît XVI, il doit retirer ses propos. Mais en octobre il reparle du célibat sacerdotal en examinant les causes des abus sexuels. Il dira aussi que « dans le thème de l’homosexualité, on doit également tenir compte de la qualité d’une relation » et qu’alors « on peut en parler avec appréciation »…
En avril 2011 est publié Youcat, un catéchisme à l’usage des jeunes. Le cardinal Schönborn est le responsable de la version allemande, qui justifie l’euthanasie dite passive.
En avril 2012, un curé désavoue l’élection à la tête du conseil paroissial d’un inverti militant. Le cardinal Schönborn reçoit l’inverti, désavoue le curé et valide l’élection. Et il refuse de recevoir le curé, qui démissionne.
En mai 2014, il se félicite du succès à l’eurovision de l’immonde « Conchita Wurst », et il dit en première page d’un journal : « Nous le savons tous, dans le jardin de Dieu il y a une variété de couleurs. Ce ne sont pas tous ceux qui sont nés masculins qui se sentent hommes, et de même du côté féminin. En tant que personnes ils méritent le respect, auquel nous avons tous droit. Je me réjouis pour Thomas Neuwirth, qui pour son entrée en scène comme Conchita Wurst a eu un tel succès. Je lui souhaite que cette réussite ne lui monte pas à la tête, et je prie pour lui, pour que Dieu envoie sa bénédiction sur sa vie. »
En septembre 2015, dans la Civiltà cattolica, il parle des « couples de fait » (de toute sorte) où il y a « des éléments de véritable héroïsme, de véritable charité, de véritable don mutuel ». Certes, « ce n’est pas encore une pleine réalité du sacrement », « mais qui sommes-nous pour juger et dire qu’il n’y a pas en eux des éléments de vérité et de sanctification ? »