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Les lapins et les sept césariennes

Le journaliste Andrea Lambrano s’est senti insulté par la sortie de François sur ces cathos qui se reproduisent comme des lapins. Normal, puisqu’il était visé, parmi tant d’autres. Les lapins viennent seulement allonger la liste des insultes à François. Car ces lapins sont évidemment pharisiens, pélagiens, moralistes, légalistes, etc.

Andrea Lambrano répond au pape avec beaucoup d’esprit et d’à propos.

Mais il répond aussi à l’argument brandi par le pape : la femme aux sept césariennes. Et ce qu’il dit là mérite peut-être plus encore d’être relevé :

Je n’ai non plus apprécié l’exemple de la femme qui a eu 7 césariennes. Je connais une dame qui en a eu 5 de césariennes et je voudrais lui dire: fais gaffe car si tu continue ils vont t’excommunier. Mais elle est médecin, avec la tête bien sur ses épaules et surtout avec cette même capacité de sacrifice qui a fait la grandeur de Sainte Gianna Beretta Molla et qui fera sainte Chiara Corbella. Cet exemple de la femme aux sept césariennes, comme si c’était la femme aux sept maris du livre de Tobit, ne convient pas car c’est un cas limite. Ce métier m’a appris que les cas limites sont utilisés par les Radicaux afin d’introduire un concept qui force le sentiment de sympathie des gens, provoquant un élan de tendresse face à une situation extraordinaire. Ce faisant ils introduisent un principe destructif: c’était ainsi avec l’avortement, le divorce, l’euthanasie, etc. je ne voudrais pas qu’ils fassent la même chose un jour avec la contraception aussi.

Les lapins stratégiques

Les vertueux préposés à la publication des propos du pape sur le site du Vatican ont manifestement eu tort de censurer le pontife dans l’affaire des lapins. Car il se confirme que ces lapins, connectés avec Humanae Vitae, font partie de la stratégie de François pour subvertir la « pastorale » tout en faisant semblant de conserver la doctrine. Le coup de génie étant de brandir Humanae Vitae pour enseigner le contraire.

On le voit par exemple dans un article de L’Avvenire, le quotidien de l’épiscopat italien, qui rapporte notamment des propos du P. Paolo Gentili, directeur de l’office national de l’épiscopat pour la pastorale de la famille.

L’auteur de l’article, Luciano Mola, explique que le pape a parlé de paternité responsable à partir de l’encyclique Humanae vitae, parce que les implications de cette encyclique « prennent une nouvelle force à la lumière de la nouvelle pratique pastorale qui met en avant l’accueil et la miséricorde ».

« C’est comme une grande claque sur la face de toutes les idéologies », commente le P. Gentili. D’au moins trois idéologies que François considère comme « particulièrement dangereuses », qui sont mises sur le même plan : l’idéologie du genre, l’idéologie qui juge « obligatoire d’avoir une famille nombreuse sans exercice de la responsabilité » (sic), et l’idéologie opposée du « No kids » qui au nom du bien-être prône l’absence d’enfants.

La « sage intégration pastorale », dit Luciano Mola résumant ce que lui dit le P. Gentili, consiste à reprendre d’Humane vitae la redécouverte de l’enfant comme un don, et de la combiner avec la responsabilité. « Et la responsabilité de l’accueil ne dérive pas d’une déférence acritique à un enseignement qui ressemblerait à une liste que vous avez à montrer à l’officier des douanes pour passer dans le hall d’arrivée, mais viendrait plutôt d’une adhésion intelligente à un mode de vie qui ne fait pas tellement attention à la rigidité de la lettre de la loi, comme le dit saint Paul, mais plutôt au dynamisme de l’Esprit », etc. bla-bla-bla. J’arrête là la citation de cette phrase interminable, qui reprend un discours qu’on commence à connaître par cœur (en enrôlant le pauvre saint Paul de façon totalement erronée). L’idéologie officielle du Vatican se rapproche de plus en plus dangereusement de ces hérésies qui ont jalonné l’histoire de l’Eglise, qui consistent à opposer une Eglise de l’Esprit à une Eglise de la loi, comme si la loi n’était pas tout simplement l’expression de ce qu’implique la docilité à l’Esprit (au véritable Saint-Esprit, pas à celui qu’on invente et qu’on rêve au gré de l’influence pentecôtiste).

Ainsi, poursuit l’article, le « Non aux familles de lapins » était intentionnellement un appel, rendu plus efficace par la familiarité du propos, pour la recherche d’un équilibre qui soit plus conscient de l’exercice de la sexualité conjugale qui doit toujours être lié aux processus biologiques (Humanae vitae) mais aussi à l’attirance érotique naturelle, et aux circonstances économiques, psychologiques et sociales…

Et ici on en remet une couche : « La parole de l’Eglise n’est pas une liste de lois à suivre sous menace de sanctions, mais une invitation à la redécouverte d’une humanité plus authentique, qui est en ce sens la vérité écrite par le créateur dans les profondeurs du cœur de chaque personne »…

Alors le P. Gentili reprend lui-même la parole : «  Marcher avec les couples sur la route de la redécouverte de cette vérité veut dire retrouver d’une façon pratique sans moralisme cette loi de gradualité que même Jean-Paul II avait enseigné dans Familiaris consortio, et que, malheureusement, nous n’avons pas eu la force ni les moyens de traduire dans une pratique pastorale. »

Ce qui veut dire, ajoute l’article, se référant à « l’enseignement de François », « prendre les couples par la main sans juger de leur situation de vie, appréciant les éléments positifs qui existent dans toute relation entre un homme et une femme basée sur la responsabilité » (ce qui est évidemment contraire à Familiaris consortio, à la loi de gradualité et à tout l’enseignement de Jean-Paul II).

Et l’on en revient bien sûr au synode, pour reprendre sans le dire ce qui a été précisément rejeté par les pères, mais qui sera refourgué dans le prochain synode à la faveur des 47 questions posées…

Le cardinal Burke vient quant à lui de dire, dans une superbe homélie sur le mariage de Joseph et de Marie : « Alors que le synode des évêques est appelé à souligner la beauté du mariage comme Dieu l’a établi depuis le commencement, il y a une forte tentative d’introduire des discussions sur les soi-disant “éléments positifs” de la cohabitation entre un homme et une femme, comme mari et épouse, sans respect pour le sacrement du Saint Mariage. Nous voyons dans le mariage de Marie et Joseph, d’une façon très remarquable, la beauté du mariage, établi par Dieu à la Création et restauré dans sa perfection originelle par Dieu le Fils Incarné lors de la Rédemption. »

La pastorale dont parle l’article de L’Avvenire est celle de la « miséricorde » de l’Eglise « hôpital de campagne », et François lui-même a souligné que Paul VI, après avoir promulgué Humanae vitae, était « très miséricordieux envers les cas particuliers et qu’il demandait aux confesseurs d’être très compréhensifs ».

Sandro Magister constate lui aussi qu’on a là l’exemple type de ce qui se profile : d’un côté on maintient fermement la doctrine (en faisant l’éloge d’Humanae vitae, sans toutefois dire de quoi il s’agit), de l’autre côté on prône et on applique une pastorale de « miséricorde » qui fait fi de la doctrine, au nom de l’accueil dans l’hôpital de campagne.

Sandro Magister conclut que Paul VI s’était attiré un déluge de critiques en publiant Humanae vitae, et que « pour François, c’est le contraire qui pourrait se produire, parce qu’il semble donner satisfaction à la fois aux intransigeants et aux novateurs ».

Mgr Brunin au synode…

Au détour d’un article de Jean-Marie Guénois, cette révélation (triste, mais sans surprise) :

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre marqué par l’action sociale et le progressisme doctrinal – grand opposant depuis le début à La manif pour tous a non seulement été reconduit, par ses pairs, à la tête la commission de l’épiscopat chargée des questions familiales, mais il sera également l’un des pères synodaux à Rome en octobre prochain pour décider de l’avenir de la famille de toute l’Eglise catholique.

Rappel:

Mgr Pontier: « La pastorale avant la doctrine ».

François crée des cardinaux

Le pape a annoncé la prochaine création de 20 cardinaux, dont 15 de moins de 80 ans.

Extraits du commentaire de Sandro Magister :

Dans l’ensemble, parmi les nouvelles nominations de François, seulement deux sont en ligne avec la tradition: celle du patriarche de Lisbonne et celle de Mamberti, qui a pris la place du défenestré cardinal Raymond Leo Burke à la tête du suprême tribunal de la signature apostolique. (…)

Six parmi les 15 nouveaux cardinaux électeurs (ceux de Lisbonne, Wellington, Ancône, Addis Abeba, Valladolid, Tonga) ont pris part en octobre dernier au synode extraordinaire sur la famille, celui d’Ancône par appel direct du pape. Deux parmi ces derniers, le Néo-zélandais Dew et l’italien Menichelli se sont rangés en soutien de la communion aux divorcés remariés et de la reconnaissance des unions homosexuelles. En choisissant Dew comme nouveau cardinal de cette aire géographique, au lieu de l’archevêque de Sydney Anthony Colin Fisher, successeur du cardinal George Pell et, comme lui, intransigeant défenseur de l’indissolubilité du mariage, le pape François a révélé encore une fois en quelle direction vont ses sympathies, au sujet de la pastorale de la famille.

Le confusionnisme est devenu l’alpha et l’oméga

Un lecteur attire mon attention sur l’article de Radio Vatican faisant le bilan de la rencontre du politburo de l’épiscopat français avec François.

L’idéologie papale a été assimilée. Mgr Pontier nous dit que « l’accompagnement pastoral est essentiel pour surmonter les difficultés du couple, en tenant compte des réalités sociales : divorcés remariés, personnes seules, homosexuels, désireux cependant de vivre la rencontre avec le Christ »…

L’article poursuit, résumant les propos de Mgr Pontier : « Les diocèses ont reçu les nouveaux questionnaires à remplir en vue du Synode. Cette tâche doit être complétée par une réflexion sur la pastorale, car le défi réside dans la prise en compte de la réalité des vies, pas dans une simple étude un peu abstraite. » (…) Il ne faut pas attendre une focalisation sur le changement des règles de l’Église, a insisté Mgr Pontier. « Les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel », a-t-il expliqué. Une mentalité légaliste ne permet pas de faire progresser la pastorale ; une pastorale qui passe donc avant la Doctrine, car c’est de là que part le chemin de conversion de chacun. Le Pape souhaite un débat comportant des réflexions théologiques nécessaires, mais interpellant surtout nos modes de vie, nos comportements. Pour le Pape, a rapporté Mgr Ribadeau-Dumas, « le Synode n’est pas un parlement mais un espace de liberté où l’Esprit-Saint puisse souffler ».

On commence à connaître ce discours par cœur. Mais jusqu’ici je n’avais pas encore entendu prôner explicitement l’inversion des réalités : la pastorale avant la doctrine.

Serait-ce une mauvaise interprétation des propos de Mgr Pontier rapportant ce que le pape leur a demandé ? Pas du tout. Dans le petit bout d’interview que donne le site, Mgr Pontier dit bien : « La pastorale avant la doctrine ». Parce que la doctrine c’est du légalisme… C’est hélas ce que ne cesse de répéter François sur tous les tons. Du christianisme, il ne reste donc qu’un vague sentimentalisme appelé « amour », un « amour » qu’on ne doit pas définir, au nom de la primauté de la « pastorale ». La pastorale dans le vide. La pastorale qui confond tout.

Voici le verbatim de Mgr Pontier, c’est-à-dire l’invraisemblable charabia du président de la conférence des évêques de France :

« Il s’agit changer de manière de vivre la famille, de vivre nos comportements, de vivre l’amour humain, de vivre ces réalités fondamentales. Et donc il faut pas que ça se focalise sur le changement des règles de l’Église. Même si à terme les règles doivent changer, ça serait un échec de penser que tout est dit là-dedans, parce que les règles ne suffisent pas à faire un chemin spirituel : elles suffisent à te dire si t’es en règle ou pas en règle, mais elles ne disent rien de ta rencontre de Dieu, elles ne disent rien de tes relations avec tes frères, elles ne disent rien de la profondeur de l’amour que tu vis,  elles disent si tu es dans les clous ou si tu n’y es pas. Si je le formulais autrement et de manière plus directe comme le fait la Bible : que fais-tu de ton mari, que fais-tu de ta femme, que fais-tu de tes enfants, que fais-tu de tes parents ?  La pastorale avant la doctrine. C’est dans la pastorale que passe le chemin de conversion. L’essentiel c’est ça : il nous invite à ce débat qui réinterpelle nos modes de vie, nos comportements… »

N.B. – Les dernières paroles du Seigneur sur cette terre, selon saint Matthieu, c’est: « Allez, enseignez toutes les nations », et non: « Allez, cherchez dans toutes les nations une pastorale qui contourne mon enseignement et qui plaise aux divorcés remariés et aux homosexuels.

Le cardinal Burke : « Restons unis dans le Seigneur Jésus »

Le rédacteur en chef de LifeSiteNews a remis aujourd’hui au cardinal Burke, au sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe de La Crosse dans le Winconsin, le livre contenant les presque 30.000 signatures de la « pétition » qui avait été lancée il y a un mois. Il s’agissait en fait de remercier le cardinal, au moment où il était limogé par François, pour tout ce qu’il avait fait jusqu’ici pour l’Eglise et pour la foi.

En recevant le livre (où il y a mon nom dedans ! Bon, d’accord, je ne suis pas tout seul…), il a déclaré :

« Maintenant nous devons tous aller de l’avant, rester unis dans le Seigneur Jésus, en défendant la vérité de notre foi, particulièrement en ce qui concerne le mariage et la famille. Nous pouvons être confiants, même si les choses peuvent nous sembler plutôt sombres, que si nous coopérons avec la grâce de Dieu, et si nous sommes de vrais défenseurs de la foi et promoteurs de la vérité sur le mariage et la famille, la grâce de Notre Seigneur ne nous manquera pas. »

Je ne commenterai pas. Mais je ne peux m’empêcher de constater qu’il y a là, de la part d’un cardinal, un mot, ou un nom, qui manque… Et cela me paraît un silence criant…

Pour la famille

Quelque 200 dirigeants politiques, sociaux, scientifiques, intellectuels… de 39 pays ont présenté au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon un manifeste demandant d’intégrer dans les « Objectifs du millénaire » de l’ONU le renforcement et la protection de la famille naturelle, composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants.

Il est à remarquer que parmi les principaux signataires  il y a quatre ministres, dont… trois Hongrois (le quatrième étant un ministre régional de Castille).

Le « Parlement » a supprimé les allocations familiales

Par un vote de l’Assemblée nationale, le Parlement a adopté définitivement hier le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2015.

Les amendements visant à supprimer la mise sous condition de ressources des allocations familiales ont été rejetés par 20 voix contre et 12 pour.

Non, il ne s’agit pas d’une commission. Il s’agit bien d’une réunion plénière de l’Assemblée nationale destinée à voter une des lois majeures de l’année.

Où il y avait donc 32 députés. Sur 577.

Forte claque pour Forte

Mgr Bruno Forte, bombardé par François secrétaire spécial du récent synode et auteur des trop fameux paragraphes du rapport d’étape sur les divorcés remariés, les unions de fait et les homosexuels, était candidat au poste de vice-président de la Conférence des évêques italiens pour le Centre du pays. Il n’a obtenu que 60 voix, contre 140 à Mgr Mario Meini, évêque de Fiesole.

Mgr Meini est délégué pour la pastorale de la famille de la Conférence des évêques de Toscane…

Une première aux Etats-Unis sur la définition du mariage

-58e71c362546f3bd.JPGLa 6e cour d’appel des Etats-Unis (Michigan, Ohio, Tennessee et Kentucky) a cassé le jugement d’un juge fédéral qui avait décidé que « l’interdiction du mariage homosexuel » dans le Michigan était inconstitutionnelle. (Le juge avait été saisi par la jolie paire dont on voit la photo en médaillon, qui se plaignait de ne pas pouvoir adopter conjointement « leurs enfants ».)

Une fois encore, il ne s’agit pas d’une interdiction de quoi que ce soit, mais simplement de l’inscription dans la Constitution de l’Etat que le mariage est entre un homme et une femme.

Essentiellement, la cour d’appel (à une majorité de deux contre un) a considéré que c’était aux citoyens de se prononcer, et que ceux-ci n’avaient pas à demander aux juges de trancher ce genre de question. Elle a donc cassé le jugement de première instance. C’est la première fois, semble-t-il, qu’une cour d’appel tranche dans ce sens-là.

L’affaire ira sans doute devant la Cour suprême.