Close

« Illustres assassins de notre sainte liturgie »

Le blog New Liturgical Movement me fait découvrir un texte que j’ignorais, écrit par Mgr Domenico Celada et publié en novembre 1971 dans le bimensuel Vigilia Romana. Mgr Celada enseignait la musique et l’histoire du plain chant à l’Université pontificale du Latran. Naturellement il fut viré… Voici une traduction du texte original italien.

Depuis longtemps je souhaitais vous écrire, illustres assassins de notre sainte liturgie. Non pas parce que j’espère que mes paroles auront un quelconque effet sur vous, qui êtes depuis trop longtemps tombés dans les griffes de Satan et êtes devenus ses serviteurs les plus obéissants, mais pour que tous ceux qui souffrent des innombrables crimes que vous avez commis puissent y retrouver leur voix. Ne vous faites pas d’illusions, messieurs. Les plaies atroces que vous avez ouvertes dans le corps de l’Église crient vengeance à la face de Dieu, le juste vengeur. Votre plan de subversion de l’Eglise par la liturgie est très ancien. Beaucoup de vos prédécesseurs, bien plus intelligents que vous, que le Père des Ténèbres a déjà accueillis dans son royaume, ont tenté de le réaliser. Et je me souviens de votre haine, de votre ricanement, lorsque vous avez souhaité la mort, il y a une quinzaine d’années, de ce grand Pontife, le serviteur de Dieu Eugenio Pacelli, parce qu’il avait compris vos desseins et s’y était opposé avec l’autorité de la Tiare. Après cette fameuse conférence sur la « liturgie pastorale »*, sur laquelle les paroles très claires du pape Pie XII étaient tombées comme une épée, vous aviez quitté Assise la mystique en écumant de colère et de venin. Maintenant, vous avez réussi. Pour l’instant, du moins. Vous avez créé votre « chef-d’œuvre » : la nouvelle liturgie. Le fait que ce n’est pas l’œuvre de Dieu est démontré avant tout (en laissant de côté les implications dogmatiques) par un fait très simple : c’est épouvantablement laid. C’est le culte de l’ambiguïté et de l’équivoque, souvent le culte de l’indécence. Cela suffit pour comprendre que votre « chef-d’œuvre » ne vient pas de Dieu, source de toute beauté, mais de l’ancien profanateur des œuvres de Dieu. Oui, vous avez privé les fidèles catholiques des émotions les plus pures, tirées des choses sublimes dont la liturgie est faite depuis des millénaires : la beauté des mots, des gestes, de la musique. Que nous avez-vous donné en retour ? Un échantillonnage de laideur, de « traductions » grotesques (on le sait, votre père d’en-bas n’a pas d’humour), d’émotions viscérales suscitées par le miaulement des guitares électriques, de gestes et d’attitudes pour le moins équivoques. Mais, si cela ne suffisait pas, il existe un autre signe indiquant que votre « chef-d’œuvre » ne vient pas de Dieu. Et ce sont les outils que vous avez utilisés pour y parvenir : la fraude et le mensonge. Vous avez réussi à faire croire qu’un Concile avait décrété la disparition de la langue latine, la mise au rancart du patrimoine de la musique sacrée, l’abolition du tabernacle, le renversement des autels, l’interdiction de fléchir les genoux devant Notre Seigneur présent dans l’Eucharistie, et toutes vos autres étapes progressives, toutes faisant partie (diraient les juristes) d’un « unique dessein criminel ». Vous saviez très bien que la « lex orandi » est aussi la « lex credendi », et que par conséquent, en changeant l’une, vous changeriez l’autre. Vous saviez qu’en pointant vos lances empoisonnées sur le langage vivant de l’Église, vous tueriez pratiquement l’unité de la foi. Vous saviez qu’en décrétant la mort du chant grégorien, de la polyphonie sacrée, vous pourriez introduire à volonté toutes les indécences pseudo-musicales qui profanent le culte divin et jettent une ombre équivoque sur les célébrations liturgiques. Vous saviez qu’en détruisant les tabernacles, en remplaçant les autels par des « tables pour la réfection eucharistique », en refusant aux fidèles de plier les genoux devant le Fils de Dieu, vous éteindriez en somme la foi en la présence divine réelle. Vous avez travaillé les yeux ouverts. Vous vous êtes déchaînés contre un monument, sur lequel le ciel et la terre avaient posé leurs mains, parce que vous saviez que vous détruiriez l’Église avec lui. Vous êtes allés jusqu’à supprimer la Sainte Messe, arrachant même le cœur de la liturgie catholique. (Cette Sainte Messe en vue de laquelle nous avons été ordonnés prêtres, et que personne au monde ne pourra jamais nous interdire, car personne ne peut fouler aux pieds la loi naturelle). Je sais, maintenant vous allez peut-être rire de ce que je vais dire. Et riez donc. Vous êtes allés jusqu’à supprimer de la litanie des saints l’invocation « a flagello terremotus, libera nos Domine », et jamais comme avant la terre n’a tremblé sous toutes les latitudes. Vous avez supprimé l’invocation « a spiritu fornicationis, libera nos Domine », et jamais comme auparavant nous n’avons été couverts de la fange de l’immoralité et de la pornographie dans ses formes les plus répugnantes et dégradantes. Vous avez aboli l’invocation « ut inimicos sanctae Ecclesiae humiliare digneris », et jamais comme auparavant les ennemis de l’Église n’ont prospéré dans toutes les institutions ecclésiastiques, à tous les niveaux. Riez, riez. Votre rire est grossier et sans joie. Il est certain qu’aucun d’entre vous ne connaît, comme nous, les larmes de joie et de douleur. Vous n’êtes même pas capables de pleurer. Vos yeux bovins, qu’ils soient de verre ou de métal, regardent les choses sans les voir. Vous êtes semblables aux vaches qui regardent le train. A vous, je préfère le voleur qui arrache la chaîne d’or de l’enfant, je préfère l’agresseur, je préfère le voleur armes au poing, je préfère même la brute et le pilleur de tombe. Des gens bien moins salauds que vous, qui avez dépouillé le peuple de Dieu de tous ses trésors. En attendant que votre père, qui est en-bas, vous accueille vous aussi dans son royaume, « où sont des pleurs et des grincements de dents », je veux que vous sachiez que nous avons la certitude inébranlable que ces trésors nous seront rendus. Et ce sera une restitutio in integrum. Vous avez oublié que Satan est l’éternel vaincu.

* Congrès international de liturgie pastorale, Assise, septembre 1956 : discours de Pie XII.

Saint-Ephrem de Mardin

Capture d’écran 2022-10-24 à 14.19.13.png

Capture d’écran 2022-10-24 à 14.19.26.jpg

Capture d’écran 2022-10-24 à 14.19.38.jpg

Le patriarche syriaque catholique Ignace Joseph III Younan a reconsacré le 13 octobre l’église du monastère Saint-Ephrem de Mardin, en Turquie, en présence du nonce apostolique, du vicaire apostolique d’Istanbul et de représentants de l’Eglise syriaque orthodoxe.

Le monastère, terminé et consacré en 1884, fut réquisitionné par l’armée turque en 1916 pendant le génocide des chrétiens de la région. Il fut restitué aux syriaques en 1918, mais dès 1922, lorsque la Turquie reprend Mardin (qui a été donnée à la Syrie au traité de Sèvres), le monastère devient un hôpital militaire et une prison, ce qui a profondément modifié l’état des lieux. Puis il a été abandonné.

Au début des années 2000, une fondation syriaque a obtenu la propriété des bâtiments. L’église a été restaurée conformément aux plans d’origine.

Le pire évêque

Mgr Pascal Roland est à ce jour le pire évêque français que j’ai vu en ce qui concerne la persécution des catholiques qui veulent garder la liturgie romaine traditionnelle. Et pourtant il y a de la concurrence.

Mgr Roland a pondu un texte d’une cruauté unique, dans le droit fil évidemment du texte de François qui l’a inspiré et qui est dûment cité. Et avec cette hypocrisie ecclésiastique qui a toujours été l’apanage des prélats de cour, mais qui est devenue une sorte de fleuron particulièrement pourri de l’art épistolaire épiscopal de notre temps.

On pourra déguster cette prose ici.

En bref Mgr Roland interdit la messe traditionnelle, avec un luxe de précisions inédites. Mais comme il est extrêmement bon et qu’il veut faire preuve d’une exquise « mansuétude » envers les pauvres crétins qui n’ont toujours pas réussi à s’adapter, il autorise la messe traditionnelle pour trois ans encore dans une unique église du diocèse… sauf le premier dimanche du mois – et seulement la messe, aucun autre sacrement.

Et au sanctuaire d’Ars, Mgr Roland impose le régime des catacombes (comme François à Saint-Pierre de Rome) : la messe traditionnelle ne peut être célébrée que dans la crypte, et seulement jusqu’au 31 décembre 2023. Après ce sera fini pour de bon.

Riposte catholique, qui nous apprend tout cela, dit que Mgr Roland « restreint fortement la messe du saint curé d’Ars dans le diocèse de Belley-Ars ». En fait le curé d’Ars n’a jamais célébré la messe que Mgr Roland interdit. La messe du curé d’Ars était celle du rite lyonnais, très différent du rite romain même s’il en avait subi une forte influence. C’est en 1864 que Pie IX, prédécesseur de Paul VI et de François, imposera le rite romain à Lyon.

Processuel

François a annoncé que le synode sur la synodalité allait déboucher non pas sur une, mais sur deux assemblées du synode. Une en 2023 et une en 2024.

Le secrétariat du synode a alors publié un texte pour expliquer que le synode sur le synode va revêtir une « dimension processuelle » pour devenir « un cheminement dans le cheminement » parce que le thème est tellement important qu’il doit faire l’objet d’un « discernement prolongé »…

Si vous voulez vraiment en savoir plus sur ce que Riposte catholique appelle à juste titre un pipotron, le texte officiel est ici.

NB 1. Il n’est pas inutile de savoir que moins de 1% des catholiques ont participé aux réunions pour le synode sur le synode.

NB 2. L’explication de Maike Hickson (LifeSite) : « Le fait que le pape François ait prolongé le Synode sur la synodalité signifie simplement qu’il s’est rendu compte qu’il y a encore trop de résistance à l’agenda du changement et qu’il a besoin de plus de temps pour « modeler » l’esprit des catholiques. »

Délitement

Il n’arrête pas son travail de sape de ce qui reste de l’Eglise catholique et de la foi catholique. François vient d’inventer encore un nouvel outil de relativisation et diluement : les « témoins de la foi » qui ne sont pas des saints.

En marge du colloque intitulé « la sainteté aujourd’hui », organisé à l’Institut patristique Antonianum du 3 au 6 octobre, il a créé une « commission permanente » (sic) chargée de mettre en valeur certaines figures historiques qualifiées de « témoins de la foi », mais qui ne peuvent pas être canonisées.

On a demandé au cardinal Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints, à qui cela pouvait bien faire allusion. Réponse :

« L’exemple qui me vient immédiatement à l’esprit est Dietrich Bonhoeffer (1906-1945), un théologien et pasteur d’église luthérien qui a été tué parce qu’il s’opposait au nazisme. »

Ces « témoins de la foi » ne sont donc pas canonisés parce qu’ils ne sont pas catholiques. Il ne s’agit donc pas de témoins de la foi catholique, mais d’une foi indistincte. Dans le cas de Bonhoeffer il s’agit encore plus ou moins de foi chrétienne, mais on suppose qu’on ne s’arrêtera pas là. Un de ces jours, ce qui reste de la chrétienté va apprendre qu’il faut honorer des « témoins de la foi »… musulmane, par exemple. Ou athée, après tout…

L’Eglise LGBT

L’exposition à la cathédrale de Liège, dans le sillage de « l’année Amoris Laetitia », de photographies de soi-disant « familles homoparentales » n’a semble-t-il pas suscité une grande émotion chez les « fidèles » d’outre-Quiévrain. En tout cas il a fallu attendre le 7 octobre pour que quelqu’un l’évoque en France, à savoir l’abbé Pagès, alors que l’exposition a débuté le 21 septembre et qu’elle avait donc été annoncée bien plus tôt.

Or c’était clairement annoncé : parmi les très diverses formes de familles photographiées il y avait « des familles où les enfants ont deux mamans ou deux papas. » Où le diocèse de Liège ajoute un double mensonge à l’abomination. Car il n’est évidemment pas vrai que ces pauvres enfants aient « deux mamans ou deux papas ».

Ce qui a fait scandale, en fait, c’est que quelqu’un ait écrit sur les photos en question : « Le modèle de la famille c’est un homme une femme ensemble ils donnent la vie. » Le diocèse a publié un long communiqué d’indignation devant ce « vandalisme », cet « acte homophobe », cette « violence », cet « acte de malveillance »… Et le diocèse sera bien sûr aux côtés du photographe, qui a déposé une plainte à la police « pour vandalisme avec circonstance aggravante d’homophobie ».

C’est donc en permanence que « l’Eglise catholique » montre qu’elle est devenue une organisation d’accompagnement convivial de la décadence occidentale jusqu’au plus profond de sa turpitude. C’était hélas ce qui était programmé en filigrane par Gaudium et Spes et par les discours de Paul VI (et l’on célèbre les 60 ans du concile « qui a ouvert l’Eglise à la modernité », comme titre Le Monde).

En permanence, et partout. Le diocèse de Saint-Denis a publié une vidéo de la procession d’entrée de la messe de saint Denis, hier. Où l’on voit que la parité et la diversité sont respectées chez les servants d’autel et chez les « lecteurs » (mais les thuriféraires sont deux filles, une noire et une blanche), et plusieurs prêtres affublés d’une étrange étole rouge, souvent en bandoulière, ornée du drapeau LGBT… Le tout sur fond de chant niais avec grattage frénétique de guitares…

L’autodestruction

Une nouvelle étape a été franchie dans l’autodestruction de l’Eglise ex-catholique, avec l’approbation par le pape de la « Conférence ecclésiale de l’Amazonie » (CEAMA).

Cette approbation a été révélée par le président de la chose, le cardinal (jésuite, bien sûr) Pedro Barreto Jimeno.

L’organisme désormais officiellement reconnu « regroupe des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses et des fidèles laïcs des neuf pays de la région amazonienne », à savoir le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, le Venezuela, le Suriname, la Guyane et la Guyane française. « C’est le premier de ce genre dans l’histoire de l’Église », s’enthousiasme Pedro, et « le premier fruit concret du synode amazonien ». La CEAMA, dit-il, peut être comparée « à la petite graine de moutarde qui pousse peu à peu et étend ses branches pour accueillir toute l’Église universelle ».

Il prédit en effet que dans les années à venir, « les conférences épiscopales devront se transformer en conférences ecclésiales ». Il pense que les futurs synodes seront des « synodes ecclésiaux », comme l’indique le fait que Predicate Evangelium, la constitution pour la réforme de la Curie romaine, a stratégiquement abandonné l’expression « des évêques » : il ne s’agit plus du « Secrétariat général du Synode des évêques », mais du « Secrétariat général du Synode ».

Pedro prétend que c’est une application concrète et directe du concile Vatican II. Alors que c’est à l’évidence en totale contradiction avec Vatican II, le concile qui a enfin défini la sacramentalité de l’épiscopat. Et naturellement contraire à toute la tradition de l’Eglise.

Alors qu’on parle sans cesse d’œcuménisme, le fossé ne cesse de s’élargir avec les Eglises orthodoxes. Ou plutôt avec la véritable Eglise catholique.

Ci-après une traduction intégrale (automatique via DeepL) de l’article de la revue jésuite américaine qui détaille l’affaire sous le titre : « Pour la première fois dans l’histoire, le pape François approuve la création d’une « conférence ecclésiale » avec des laïcs au lieu d’un organe de direction réservé aux évêques ».

Nous vivons un « kairos », un temps propice de Dieu dans l’histoire de l’Église », a déclaré le cardinal Pedro Barreto Jimeno, S.J., à America dans une interview exclusive à Rome le 6 septembre, dans laquelle il a révélé pour la première fois que le pape François a approuvé le statut de la Conférence ecclésiale de l’Amazonie (CEAMA), lui donnant une reconnaissance formelle dans l’Église.

Le cardinal Barreto, 78 ans, archevêque de Huancayo, dans les Andes centrales du Pérou, a été élu président de la conférence amazonienne le 27 mars, succédant au cardinal Claudio Hummes du Brésil, qui a démissionné pour des raisons de santé et est décédé depuis.

S’exprimant en espagnol, il a expliqué que l’organisme désormais officiellement reconnu « regroupe des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses et des fidèles laïcs des neuf pays de la région amazonienne », à savoir le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, le Venezuela, le Suriname, la Guyane et la Guyane française. (Une conférence épiscopale, en revanche, ne comprend que les évêques d’un certain territoire). « C’est le premier de ce genre dans l’histoire de l’Église », a-t-il déclaré, et « le premier fruit concret du synode amazonien ». Le cardinal était l’un des trois présidents-délégués de ce synode.

La CEAMA, a-t-il dit, peut être comparée « à la petite graine de moutarde qui pousse peu à peu et étend ses branches pour accueillir toute l’Église universelle ». Il s’attend à ce que des conférences ecclésiales similaires voient le jour sur d’autres continents dans les années à venir, notamment en Afrique et en Asie, car les évêques de ces continents ont déjà montré un grand intérêt pour les développements structurels dans la région amazonienne.

Il a prédit que dans les années à venir, « les conférences épiscopales devront se transformer en conférences ecclésiales ». Il pense que les futurs synodes seront des « synodes ecclésiaux », comme l’indique le fait que « Predicate Evangelium », la constitution pour la réforme de la Curie romaine, a stratégiquement abandonné l’expression « des évêques ». Il ne s’agit plus du « Secrétariat général du Synode des évêques », mais du « Secrétariat général du Synode ».

Le jésuite péruvien a rappelé que le document final du synode sur l’Amazonie a été « approuvé par le pape. » Il y a vu « une révolution dans l’église » car auparavant, chaque synode présentait ses recommandations ou propositions (généralement une cinquantaine) au pape, qui les intégrait dans son exhortation post-synodale.

Le pape François, cependant, n’a pas suivi ce modèle pour le synode sur l’Amazonie ; au lieu de cela, il a présenté le document final du synode à l’ensemble de l’église lorsqu’il a publié son exhortation « Querida Amazonia », en disant : « J’ai préféré ne pas citer le document final dans cette exhortation parce que je voudrais encourager tout le monde à le lire dans son intégralité. »

Le Cardinal Barreto a déclaré que ce document final soulignait la nécessité d’un nouvel organe ecclésial pour promouvoir la synodalité et façonner une église avec « un visage amazonien », tout en cherchant de nouvelles voies pour l’évangélisation et pour une écologie intégrale. La nouvelle conférence ecclésiale de l’Amazonie est cet organisme.

Elle a été officiellement créée le 29 juin 2020, en tant qu' »instrument efficace » pour mettre en œuvre les propositions issues du Synode sur l’Amazonie de 2019 et pour donner vie aux « quatre grands rêves » pour la région exprimés par le pape François dans « Querida Amazonia », son exhortation post-synodale.

Le cardinal Barreto a déclaré qu’en choisissant le titre « Querida Amazonia » pour son exhortation post-synodale, le pape François « mettait un nom sur une créature qui est un biome dans lequel vivent 30 millions de personnes et trois millions de communautés de peuples indigènes ». Le choix du nom, a-t-il dit, « indique une attitude de l’église, qui correspond aussi au désir des peuples indigènes, que l’église soit une alliée de ces peuples qui, historiquement, n’ont été que battus dans leur vie et souffrent aujourd’hui de la déforestation et de l’exploitation des ressources de leurs terres. »

Il a cité comme exemple de leur souffrance le fait que, bien que le Brésil possède 63 % du territoire amazonien, il a une population de peuples indigènes inférieure à celle des huit autres pays de la région qui représentent 45 % du territoire. Selon lui, « cela montre que les peuples indigènes ont historiquement subi un génocide au Brésil et dans d’autres pays comme le Pérou. »

« ‘Querida Amazonia’, a-t-il dit, « manifeste le désir du pape François de chercher de nouveaux chemins pour l’église et de nouveaux chemins pour une écologie intégrale. »

« J’ai été frappé par le fait que, tout en étant un synode pour l’Amazonie, il a tracé de nouveaux chemins pour toute l’église, et pas seulement pour l’Amazonie », a-t-il ajouté. « Par conséquent, le pape pensait à l’église universelle, mais en partant de la périphérie existentielle de la culture de l’Amazonie. »

Le cardinal voit « une relation » entre « Querida Amazonia », le document final du synode et le corps ecclésial nouvellement reconnu : « On pourrait dire que la Conférence ecclésiale d’Amazonie est le meilleur cadeau que le pape François a fait non seulement à l’Amazonie mais aussi à l’église universelle. Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent, il y avait des conférences épiscopales, mais la conférence ecclésiale d’Amazonie est la première [de ce type] dans l’histoire de l’Église.

« La différence est immense, car jusqu’à présent, l’Église a réuni des évêques et des cardinaux dans des conférences [épiscopales] de différents pays, et même dans des organismes comme le CELAM [Conférence des évêques d’Amérique latine], alors que la conférence ecclésiale… est centrée sur le peuple de Dieu, conformément au Concile Vatican II », a-t-il expliqué.

Il a rappelé que le deuxième chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Église de Vatican II, « Lumen Gentium », est consacré au « peuple de Dieu », tandis que son troisième chapitre parle des « évêques au service du peuple de Jésus ». Le cardinal Barreto a rappelé que « le concile Vatican II a vu l’irruption de l’Esprit Saint dans le renouveau de l’Église universelle. »

A la question de savoir si le nouvel organisme amazonien pouvait être considéré comme « l’une des grandes nouveautés de ce pontificat », le cardinal a souligné que « ce n’est pas quelque chose de nouveau de la part de François ; cela découle vraiment du concile Vatican II », et « François met en œuvre ce concile. »

Cette conférence ecclésiale est « très liée au REPAM, le Réseau ecclésial pan-amazonien », un réseau pour la région amazonienne créé en 2014 pour répondre aux graves préoccupations du pape et de l’église concernant les profondes blessures de la région et de ses peuples.

Il a rappelé que « le REPAM comprend une unité qui se concentre sur les droits de l’homme dans le territoire amazonien et rend compte rapidement aux Nations unies, à l’Organisation des États américains et à la Commission interaméricaine des droits de l’homme lorsque ces droits sont violés, faisant ainsi entendre la voix de la région. »

Un autre développement significatif sera la création d’une université catholique amazonienne, grâce à une fondation établie par l’université catholique de Quito mais indépendante de celle-ci, a-t-il précisé. Cette nouvelle université est importante en raison de la faible participation des étudiants des communautés indigènes à l’enseignement supérieur ; à peine 3,2 % d’entre eux étudient actuellement à l’université.

Le cardinal a expliqué que la conférence est en train de développer un rite amazonien, comme l’a demandé le synode, et qu’elle réfléchit aux « expériences avec les rites, les expressions liturgiques et la spiritualité amazoniens ». Il a révélé qu’au cours de cette visite à Rome, il s’est rendu, avec d’autres membres de la direction de la conférence, au Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements le 1er septembre.

« Nous sommes dans un processus de dialogue avec le dicastère du culte divin et avec le cardinal [Arthur] Roche, et c’est la toute première fois que nous avons pu dialoguer avec ce dicastère de manière fraternelle, dans une attitude d’écoute », a-t-il déclaré.

Le cardinal péruvien a souligné que « dès le début, l’Église a cherché à inculturer l’Évangile de toutes les manières possibles, et le pape François a clairement affirmé que cela devait être fait. » Le cardinal a rappelé que Matteo Ricci (1552-1610), le missionnaire jésuite d’origine italienne en Chine, est celui qui s’est vraiment engagé sur la voie de l’inculturation, mais le « centralisme romain » a rapidement bloqué cet effort par sa décision sur la question des rites chinois, avec des conséquences que nous voyons encore aujourd’hui.

Il a toutefois exprimé sa joie de constater qu’une mentalité différente prévaut désormais à Rome, au Dicastère du culte divin, où « nous avons fait une expérience d’accueil, d’écoute et d’accompagnement ». Par conséquent, a-t-il dit, « nous sommes sur un bon chemin, nous avons commencé un dialogue et nous ne faisons pas cavalier seul. » Il a exprimé sa gratitude aux évêques du dicastère.

Il a révélé que les membres de la conférence d’Amazonie « discutent également de la question des ministères… de leur service dans l’église et, plus spécifiquement, du ministère des femmes et du service que les femmes rendent déjà en Amazonie ». Il a rapporté « qu’en Amazonie, mais aussi en dehors de la région, les femmes religieuses célèbrent des baptêmes, des mariages, des liturgies et certaines entendent même les confessions des personnes qui leur confient des problèmes personnels, bien qu’elles ne puissent pas donner l’absolution [sacramentelle]. »

Il a rappelé que la CLAR – acronyme de la conférence latino-américaine des femmes et des hommes religieux – est l’une des entités fondatrices de la nouvelle conférence ecclésiale et du REPAM.

« Grâce à cela, nous découvrons les figures très importantes des femmes indigènes… et les rôles qu’elles jouent dans les communautés. » Il a mentionné, par exemple, que la direction du REPAM est composée d’un président et de trois vice-présidents, et que deux de ces derniers sont des femmes, dont une femme indigène. De même, la direction de la conférence ecclésiale d’Amazonie est composée d’un président et de quatre vice-présidents, dont un laïc, une religieuse et une indigène.

Le cardinal Barreto a révélé que le dicastère des évêques s’est d’abord senti déconcerté par le nouveau groupe ecclésial. « Ils ne savaient pas comment se comporter avec la Conférence ecclésiale de l’Amazonie », a-t-il dit. Mais ensuite, le cardinal Marc Ouellet, chef du dicastère, a écrit une lettre au cardinal Hummes, président de la conférence amazonienne, « communiquant l’approbation canonique de la CEAMA mais nous demandant en même temps de modifier le statut ». Le statut révisé, qui souligne mieux la nature ecclésiale de la conférence, a été approuvé et ratifié par le pape François et « sera publié dans les prochains jours », a déclaré le cardinal.     

Il a conclu l’interview par ces mots : « Nous vivons un moment très spécial de la grâce de Dieu. C’est un temps d’espoir au milieu d’une humanité désespérée et sans but. »

Double jeu

L’Institut Lépante publie un rapport exhaustif sur le financement par la conférence des évêques américains (par les fidèles catholiques, donc) d’une organisation militant activement pour le « droit à l’avortement ».

L’affaire n’est pas nouvelle. Mais l’Institut Lépante montre que ça continue, et que les évêques ne font strictement rien pour que ce scandale cesse.

Depuis 2016, la « Campagne catholique pour le développement humain », qui dépend de l’épiscopat, a donné à l’organisation qui ose s’appeler « Faith in action » (la foi en actes) près de 5 millions de dollars. Pas moins de 675.000$ cette année.

Non seulement « Faith in action » continue de militer pour l’avortement, mais elle s’est fait particulièrement remarquer après la décision de la Cour suprême annulant l’arrêt Roe contre Wade. Faith in action a publié plusieurs textes condamnant cette décision de façon aussi virulente que la Maison Blanche et les lobbies de l’avortement. Avec la même rhétorique sur les « droits reproductifs » et sur la mise en danger de la santé des femmes.

On a vu la directrice de Faith in action, Pyllis Hill, publier un article en collaboration avec la dirigeante d’une organisation désormais membre de Faith in action : le New Georgia Project, qui a pour but de « renforcer le pouvoir de la nouvelle majorité de Géorgie – la population importante et croissante des électeurs noirs, bruns, jeunes et autres électeurs historiquement marginalisés » (sic).

En tête de l’article, cette photo d’une manifestation pour l’avortement avec une affiche du Planning familial : « L’avortement est essentiel ».

FIA-04.jpg

L’Eglise LGBT

Ceci a été trouvé sur la page Facebook officielle du « synode sur la synodalité »:

image.png

On y voit une femme en ornements sacerdotaux, à côté d’un militant LGBT.

Capture d’écran 2022-09-28 à 11.30.34.png

Les banderoles disent:

Nous sommes les jeunes de l’avenir et l’avenir c’est maintenant. Animez cette mission florissante qui est plus grande que chacun d’entre nous. Nous souhaitons faire partie de conseils consultatifs pour prendre des décisions.

Dans le même genre, il y a aussi :

308106965_5619548021460080_7487846800141683880_n.jpg

Capture d’écran 2022-09-28 à 11.54.58.png

Quelques autres horreurs ici, dont ceci:

Capture d’écran 2022-09-29 à 11.53.41.png

A gauche, « musulmane », à droite, « queer », dans le « grand groupe du synode avec l’archevêque ».

Ce sont des documents sur lesquels travaillent les « experts » du synode. Lesquels sont fiers de montrer une table qui est une sorte d’autel pour leur « préparation spirituelle ».

307881538_5616714838410065_65593370409034917_n.jpg

La préparation spirituelle des experts mondiaux du synode sur la synodalité :

308809985_5616714781743404_7058163777680693940_n.jpg

(Malheureusement tout cela est vrai.)

L’Eglise LGBT

IMG_20220908_133521.jpg

Ici dans le diocèse de Nîmes. En fait c’est partout. Les évêques flamands ont seulement officialisé la chose, tandis qu’ailleurs c’est encore confidentiel.

On remarquera qu’après avoir juré qu’il s’agissait seulement d’un « moment de prière » (il faut s’habiller comme ça maintenant pour prier ?), le prêtre déclare spontanément : « Demain je célèbre un mariage, je ne vais pas appeler l’évêque pour lui demander la permission. » C’est donc bien qu’il ne s’agissait pas d’un « moment de prière »…

Cette Eglise n’est plus une Eglise.