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Les vignerons de Valréas en appellent à Benoît XVI…

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Le 1er avril dernier (ce n’est pas un poisson), trois vignerons de Valréas, André Valayer, Régis Duc et Nicolas Barnier, vêtus de la tenue de la Confrérie des Goutevins de l’Enclave des Papes, accompagnés de leur curé, le père Olivier Dalmet, ont assisté à l’audience du pape. Et le P. Dalmet a remis à Benoît XVI un jéroboam de vin de l’Enclave des papes, avec une lettre, et un résumé historique de la spécificité de l’Enclave, écrit par Sophie Bentin, qui a fait sa thèse de doctorat sur ce sujet.

Le but est de faire reconnaître par le pape l’antériorité historique de l’Enclave sur Châteauneuf-du-Pape comme territoire pontifical. Elle avait déjà été soulignée en 1968 par la Secrétairerie d’Etat, mais les vignerons insistent, dans la perspective du procès en appel contre les vignerons de Châteauneuf-du-Pape.

En effet, ceux-ci ont osé demander à la justice d’interdire l’appellation « Enclave des Papes » comme « publicité mensongère » et « usurpation de l’appellation contrôlée châteauneuf-du-pape ». Ce qui est énorme est que le tribunal de Carpentras leur a donné raison. Deux vignerons ont été condamnés à 5.000 et 3.000 euros d’amende.

Non seulement cela est inique, mais en outre, l’Enclave des papes existait en effet avant Châteauneuf-du-Pape, puisque le pape revendiqua sa suzeraineté sur le Venaissin dès 1274, donc plus de 30 ans avant l’arrivée des papes en Avignon.

« Une révolution, deux empires, deux monarchies et cinq républiques n’osèrent modifier son statut d’Enclave. [Le territoire dépend en effet toujours d’Avignon, préfecture du Vaucluse, alors qu’il se trouve dans la Drôme.] Puisque nous sommes restés plus longtemps sujets pontificaux [jusqu’en 1792] que citoyens français, nous venons présenter notre cas auprès de Sa Sainteté », dit Sophie Bentin.