Les populations d’oiseaux, en France, ne déplacent pas leur aire d’habitat vers le nord aussi rapidement que le réchauffement climatique, selon une étude française parue dans la revue britannique des “Proceedings of the Royal Society”.
Au cours des 18 dernières années, la température moyenne a augmenté de 0,068 degrés Celsius par an, c’est-à-dire qu’une température donnée s’est déplacée de 273 km vers le nord. Or les populations d’oiseaux ont vu leur aire de distribution bouger de seulement 91 km vers le nord, ont constaté des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et de l’université de Montpellier, qui ne s’attendaient pas à de tels résultats.
Et alors ?
Cela montre que les animaux s’adaptent à la situation. C’est plutôt une bonne nouvelle, même si c’est une évidence…
Mais non, pas du tout. Cela risque au contraire d’avoir des « conséquences dramatiques pour la biodiversité ». Mais oui. Car tout ce qui concerne le climat est forcément « dramatique ».
En l’occurrence, la raison est qu’il est « très peu probable que toutes les espèces répondent de la même façon au réchauffement : si les oiseaux accumulent un retard face au réchauffement climatique, il est très probable qu’il ne soit pas le même pour les insectes, les plantes, les mammifères », explique l’un des auteurs de l’étude. Alors il sera « fort possible de voir une désynchronisation des interactions entre les espèces: si par exemple les insectes et les oiseaux qui les mangent ne répondent pas de la même façon dans leur déplacement vers le nord, on va vers un bouleversement de ces interactions entre espèces ».
En fait, ils ne savent pas du tout si les insectes sont aussi flemmards que les oiseaux ou s’ils ont pris les devants, ou si les rats des champs sont en grève. Mais l’essentiel, comme toujours, de façon systématique, est de crier à la catastrophe…
Je ne suis pas un spécialiste, mais je peux leur donner une petite indication toute bête : si les oiseaux ne trouvaient pas à manger plus au nord, ils n’iraient pas…