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Mercredi des quatre temps de Pentecôte

℟. Disciplínam et sapiéntiam dócuit eos Dóminus, allelúia : firmávit in illis grátiam Spíritus sui, * Et intelléctu implévit corda eórum, allelúia.
. Repentíno namque sónitu Spíritus Sanctus super eos venit.
* Et intelléctu implévit corda eórum, allelúia.

Ce répons des matines vient nous dit-on du livre de l’Ecclésiastique, chapitre 17 verset 5. Il s’inspire en effet de ce verset (et du suivant, d’ailleurs), mais ce n’est pas une citation, même modifiée pour un usage liturgique.

Il est intéressant de constater que la liturgie s’est servie, pour chanter la descente du Saint-Esprit sur et dans les apôtres, d’un poème qui détaille la création de l’homme. La Pentecôte est donc une re-création, par le Saint-Esprit envoyé par le Père, comme au sixième jour, mais sur un plan supérieur. Le livre de l’Ecclésiastique prophétisait cette nouvelle création, par l’Esprit, sur un plan proprement spirituel. Voici les six premiers versets de ce chapitre, avec la traduction de Lemaître de Sacy :

1. Dieu a créé l’homme de la terre, et l’a formé à son image.
2. Il l’a fait rentrer ensuite dans la terre d’où il l’avait pris, et l’a revêtu de force selon sa nature.
3. Il lui a marqué le temps et le nombre de ses jours, et lui a donné pouvoir sur tout ce qui est sur la terre.
4. Il l’a fait craindre de toute chair, et lui a donné l’empire sur les bêtes et sur les oiseaux.
5. Il lui a créé de sa substance un aide semblable à lui ; il leur a donné le discernement, une langue, des yeux, des oreilles, un esprit pour penser, et les a remplis de la lumière de l’intelligence.
6. Il a créé dans eux la science de l’esprit, il a rempli leur cœur de sens, et leur a fait voir les biens et les maux.

Peter Philips (qui signait Pierre Philippe ou Pietro Filippi) était un musicien britannique qui quitta l’Angleterre en 1582 parce qu’il était catholique. Après avoir passé quelque temps à Rome il s’installe à Anvers. Il devient prêtre et compose de très nombreux motets sur les textes liturgiques. Dont Disciplinam et sapientiam, chanté ici par le Sarum Consort qui se donne le ridicule de chanter les u comme des i (je connaissais plusieurs modes ridicules de chanter le latin, mais pas celle-là).