Le Christ a franchi la porte virginale, la porte pleine de grâce ; le roi a passé, et cette porte demeure fermée à jamais, comme elle le fut toujours.
Le Fils du Dieu suprême est sorti du sanctuaire de la Vierge ; il est l’époux, le rédempteur, le fondateur, le géant de son Église.
Gloire et joie de sa mère, espoir immense des croyants, en épuisant le noir breuvage de la mort, il guérira nos crimes.
Il est cette pierre détachée de la montagne qui couvre de grâce le monde entier ; cette pierre que la main de l’homme n’a pas taillée, qu’avaient annoncée les anciens prophètes.
Le Verbe fait chair à la parole de l’ange, naissant vierge, s’est élancé de la retraite sacrée d’un sein virginal.
Les cieux ont versé leur rosée, les nuées ont répandu le Juste ; la terre altérée, enfantant son salut, a reçu celui qui est son Seigneur.
Ô merveilleuse conception ! Elle a produit le Christ ; et la Vierge dans l’enfantement, est demeurée vierge après l’enfantement.
Que toute âme tressaille de joie ; le rédempteur des nations, le Seigneur du monde, est venu racheter ceux qu’il a formés.
Le créateur de la race humaine, celui que l’univers ne saurait contenir, Mère sainte, il s’est renfermé dans vos entrailles.
Celui que le Dieu Père a engendré Dieu avant tous les temps, la virginité d’une mère féconde l’a mis au jour dans le temps.
Il ôtera tous les péchés, il apportera les trésors de la grâce ; par lui la lumière recevra son accroissement, l’empire des ténèbres sera ruiné.
Cette hymne a été attribuée à saint Ambroise, dit dom Guéranger. Elle était célèbre, comme en témoigne le fait qu’à la fin du moyen âge on ne garda que les deux premiers vers de chaque strophe, y ajoutant « fulget dies » (que ce jour brille) et « Diei solemnia celebret Ecclesia » (que l’Eglise célèbre ce jour solennel), pour en faire un Noël populaire. Comme en Hongrie (avec comme partout luminis au lieu de numinis) :
