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Mercredi de la Passion

L’hymne des laudes du temps de la Passion (de saint Venance Fortunat), chanté par le Chœur de l’abbaye de Buckfast (qui n’est pas le chœur des moines).

Après six lustres écoulés,
Au terme de sa vie charnelle
Le Rédempteur vient de lui-même
Se livrer à la souffrance :
L’Agneau est élevé sur l’arbre de la Croix
Pour y être immolé.

Abreuvé de fiel, le voici languissant :
Les épines, les clous, la lance,
Ont transpercé Son tendre corps,
L’eau et le sang en ont jailli,
Et ce fleuve lave la terre
La mer, les astres, l’univers.

Ô Croix fidèle,
Arbre unique, noble entre tous,
Nulle forêt n’en produit de pareil
En feuillage, en fleurs et en fruits :
Fer bien-aimé, bois bien-aimé,
Qui porte un bien-aimé fardeau !

Arbre auguste, ploie tes rameaux,
relâche tes fibres tendues,
Adoucis cette dureté
Que la nature t’a donnée,
Pour offrir un appui plus doux
Aux membres du Roi des cieux.

Tu as été digne, toi seul,
De porter la victime du monde
Et de nous conduire au port,
Arche du monde naufragé,
Toi qui fus teint du sang sacré
Qui jaillit du corps de l’Agneau.

Gloire éternelle soit rendue
A la Trinité bienheureuse,
Gloire égale au Père et au Fils,
Pareil honneur au Consolateur :
Que le Nom du Dieu un et trine
Soit loué de tout l’univers.
Ainsi soit-il.