On retrouve dans la séquence suivante plusieurs des figures mariales de Ad Jesum accurrite. Mais celle-ci fut beaucoup moins connue. On la trouve dans un livre anglais du XIIIe siècle, intitulée « Cantus de Domina post cantum Aaliz », chant à Notre Dame sur le chant d’Aaliz, mélodie qui était alors célèbre et dont on trouve la mention dans un lai de Marie de France. Or c’est dans le genre du lai qu’est la paraphrase en anglo-normand qui accompagne le texte (reproduit ci-dessous tel qu’il se trouve dans le Thesaurus hymmnologicus de Hermann Adalbert Daniel, Leipzig 1855).
Fleur de virginité, Sanctuaire de pureté, Mère de miséricorde.
Salut ! Vierge sereine, source de vie, lumière aimable,
Ornée des vertus de l’Esprit septiforme et de ses mœurs.
Rose agréable, lis de chasteté, par ta fécondité tu enfantes le Fils de Dieu, et tu restes vierge pure après l’enfantement.
Merveilleusement, sans mari, tu es féconde. Du grand Prince, de la vraie lumière, l’enfantement fait ta gloire. Par la branche, la fleur, le buisson, la rosée, est désignée ta virginité, et par la toison et humide tu es digne de mettre au monde le Seigneur.
Vierge, tu produis un Fils, étoile, un soleil, à jamais sans égale.
De cette façon, la Voie de la vie à bon droit nous t’appelons.
Tu es l’espoir et le refuge des pauvres âmes tombées, tu es le remède des péchés, le salut des pénitents.
Tu es la consolation des affligés, le soulagement des faibles, tu es celle qui purifie les souillures, qui affermit les cœurs.
Tu es la gloire et le secours de ceux qui en toi se confient, tu es la récompense pleine de vie pour ceux qui te servent.
Miséricordieuse Marie, avocate de ceux qui ont chuté, tu es douce et gracieuse espérance pour tous les malheureux. Élève, dirige les cœurs des tiens vers les saintes joies du royaume des cieux.
Où nous puissions goûter par toi la vraie joie, et régner avec ton Fils.

