Les hymnes des vêpres des féries, dans le bréviaire romain et le bréviaire monastique, suivent jour après jour la création du monde. C’est pourquoi on les appelle parfois « hymnes de l’hexameron », en référence aux « six jours » (hexa émeron) de la création et aux commentaires des pères portant ce nom, au premier chef celui de saint Basile. Il s’agit d’un des vénérables monuments de la liturgie latine, qui fut attribué à saint Grégoire le Grand et que l’on date aujourd’hui de peu après sa mort.
Voici l’hymne du dimanche, jour 1 de la Création.
O Très bon Créateur de la lumière, qui faites naître la clarté des jours ; aux premiers rayons de la lumière nouvelle, vous préparez l’origine du monde.
Vous, qui faites appeler jour le temps qui s’écoule du matin au soir ; voici l’approche de la nuit, écoutez nos prières mêlées de larmes ;
Ne permettez pas que notre âme chargée de crimes soit privée du bienfait de la vie, tandis que sans penser à l’éternité, elle s’embarrasse dans les liens du péché.
Qu’elle frappe enfin à la porte du ciel ; qu’elle remporte la récompense de la vie ; qu’elle évite tout mal et se purifie de toute iniquité.
Accordez-nous cette grâce, Père très miséricordieux, ainsi que vous, Fils unique, égal au Père, qui, avec l’Esprit Consolateur, régnez à jamais. Ainsi soit-il.
Dans l’enregistrement des moines de Solesmes, il y a ensuite le verset et le répons, qui précèdent le Magnificat.
℣. Dirigátur Dómine oratio mea.
℟. Sicut incénsum in conspéctu tuo.
Dirigez Seigneur ma prière comme de l’encens devant vous.