Le dimanche des Rameaux est aussi le deuxième dimanche de la Passion, et la messe est dominée par le chant de la Passion selon saint Matthieu. La procession et l’évangile prennent beaucoup de temps, et ce qu’il y a entre les deux passe un peu inaperçu, surtout le graduel, auquel fait en outre concurrence le trait : le texte de celui-ci est une bonne partie du psaume 21, le psaume de la crucifixion ; qui attire donc d’avantage l’attention.
Le graduel laisse percer la lumière de la résurrection au beau milieu de la liturgie de la passion : tu m’as tenu la main, dit Jésus à son Père, tu m’as conduit selon ta volonté, et tu m’as glorieusement assompté.
Sur le plan de la mélodie ce graduel est spécial : c’est l’un des deux seuls graduels authentique du IVe mode, et comme l’autre (Domine praevenisti, du commun des abbés) il n’est donc pas centonisé. Les graduels sont formés partiellement ou presque totalement de formules que l’on retrouve dans d’autres graduels. Ces deux-là sont les seuls à être entièrement originaux.
Le voici par les moines de Ligugé en 1958 :

