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Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

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Ce remarquable poème, écrit quatre mois avant sa mort, alors qu’elle est déjà gravement malade depuis deux mois, est tout baigné de l’atmosphère du Cantique des cantiques, dont on reconnaît le pommier qui est le bien-aimé et son fruit délectable. Mais ce qui est surprenant est qu’ici l’arbre est inversé. On peut se demander où Thérèse a trouvé ce thème, qui appartient essentiellement, en son temps, à la littérature occultiste. Dans les écrits chrétiens, je ne connais que la vision de Marguerite d’Oingt, qu’elle raconte dans une lettre, avec le même qualificatif de « merveilleux » : « un arbre moult meravillous » (Lettres, 146). Mais il est quasiment impossible que sainte Thérèse ait lu les lettres en « vieux lyonnais » de la mystique très peu connue du XIIIe siècle. D’ailleurs la comparaison s’arrête là : l’arbre dont parle Marguerite n’est pas l’Amour (ni l’Epoux), mais l’être humain (il a cinq branches qui sont les cinq sens) qui est tout desséché sans la grâce et qu’un torrent frappe si violemment qu’il se retourne et reverdit en ayant ses racines dans le ciel.