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Saint Hilarion de Verey

20076.p.jpgLa divine liturgie que retransmet Soyouz TV l’était ce matin du monastère Sretenski de Moscou, à l’occasion de la fête du « saint hiéromartyr Hilarion archevêque de Verey ».

Né en 1886, Hilarion, qui s’appelait Vladimir comme tout le monde, fut un brillant étudiant, devenu maître en théologie en 1913 au séminaire de Moscou. Il entra aussitôt à la laure de la Trinité Saint Serge, où il devint moine, prêtre et archimandrite en quelques mois, et nommé professeur au séminaire de Moscou.

En mars 1919 il fut arrêté par les bolcheviques et emprisonné pendant trois mois. En mai 1920 il fut sacré évêque de Verey (auxiliaire de Moscou), et devint un des deux principaux conseillers du patriarche. Moins de deux ans après il était envoyé en exil à Arkhangelsk. A son retour il fut élevé au rang d’archevêque, et étendit son champ d’action. Le 22 juin 1923, il chassa les « rénovateurs » du monastère Sretenski où s’étaient installés ces clercs de l’Eglise du pouvoir, et célébra les vigiles. Le lendemain le patriarche y célébra une divine liturgie de reconsécration de l’église, qui dura jusqu’à six heures du soir. Hilarion fut nommé abbé du monastère. Les « rénovateurs » le dénoncèrent comme conspirateur, « producteur de gaz suffocant contre la révolution », etc. En décembre il était condamné à trois ans à Solovki, le monastère du grand nord transformé en goulag, où les conditions de vie étaient atroces. En arrivant, Hilarion dit à ses compagnons qu’ils ne pourraient pas y survivre. Il devint un modèle pour les prisonniers (essentiellement prêtres et évêques), et déclara que Solovki était une école des vertus : désintéressement, douceur, humilité, tempérance, patience et amour du travail. Ce qu’il vivait en plénitude.

A l’été 1925 il fut envoyé dans une prison de Iaroslav. Où il avait des « privilèges », comme celui de recevoir les livres qu’il voulait. On lui demanda alors de faire partie des dirigeants d’un nouveau schisme pro-bolchevique, celui de l’archevêque Grégoire ; il refusa net, et fut renvoyé à Solovki. En juin 1927 on l’envoya rencontrer Grégoire, qui lui promit de le faire métropolite. Mais Hilarion refusa. La scène se répéta plusieurs fois. A Solovki des clercs étaient tentés par un schisme inverse, celui d’une Eglise clandestine. Hilarion réunit carrément un concile de 15 évêques (dans une cellule de Solovki) qui décidèrent de ne pas suivre ce schisme.

En décembre 1929 on décida de l’exiler à Alma-Ata (Kazakhstan) pour trois ans. Mais il n’y arriva pas. Emmené de prison en prison, épuisé, maltraité, malade, il dut être hospitalisé à Leningrad et mourut du typhus le 15 décembre.

Il a été canonisé en 1999 au monastère Sretenski où ses reliques venaient d’être transférées.