Les humoristes russes Vovan et Lexus, qui piègent les hautes personnalités par téléphone, ont réussi à se faire passer pour Petro Porochenko auprès de « son ami » François Hollande. L’ancien président français confirme avec force à son ancien homologue présumé ce qu’il avait déjà dit à un journal ukrainien sur le fait que les accords de Minsk avaient pour but de tromper Poutine et permettre à l’Ukraine de s’armer pour lui faire la guerre :
« Porochenko » – Quand nous avons signé les accords de Minsk nous savions que la guerre était inévitable (Hollande hoche la tête) mais nous avons eu besoin de nous préparer pendant toues ces années (Hollande hoche la tête), de renforcer notre armée afin d’être prêts à cette guerre. Et les accords de Minsk nous ont donné du temps pour équiper l’armée, et Angela Merkel l’a déclaré récemment. Hollande – Oui, elle a eu raison de le dire. Parce qu’il y avait l’idée que c’était Poutine qui avait voulu gagner du temps. Non, c’est nous qui voulions gagner du temps pour permettre à l’Ukraine de se rétablir, de renforcer ses moyens militaires, et c’est pourquoi il faut défendre la négociation de Minsk, dans laquelle tu as joué un rôle très important. Il faut la défendre parce que c’est précisément pendant ces sept ans qu’il y a eu pour l’Ukraine des moyens de se renforcer, et c’est là que Poutine s’est trompé, il a sous-estimé la capacité des Ukrainiens et leur résistance.
L’entretien se termine par un éloge dithyrambique de Porochenko et le souvenir grandiose de la révolution de Maïdan. On notera aussi cet échange vers le début de la conversation à propos des appels de certains à une négociation :
« Porochenko » – Mais nous devons nous battre jusqu’au dernier Ukrainien ? Hollande – Il n’y a pas de négociations, et il ne faut pas que des leaders européens évoquent le mot négociations tant que vous êtes dans cet état d’esprit et tant que vous avez la capacité de vous battre jusqu’au dernier.
André Bercoff a passé l’intégralité de l’entretien sur Sud-Radio.