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Ubukraine

La scène se passe dans un supermarché d’Odessa. Une cliente demande une crème hydratante. Mais elle ne comprend pas ce que lui dit la vendeuse en ukrainien. La vendeuse reprend ses explications en russe. Une autre cliente se met alors à insulter la vendeuse qui ose parler russe. Un bon citoyen a filmé la scène, il la publie sur les réseaux sociaux. Immédiatement, le commissaire d’Etat à la protection de la langue ukrainienne se saisit de l’affaire : la vendeuse vient d’être condamnée à une amende de 3.400 hryvnias (87 €).

Au fait, le poste de commissaire d’Etat à la protection de la langue ukrainienne existe depuis le 17 juillet 2019, quand est entrée en vigueur la première loi contre la langue russe. (Cette loi a été adoptée le 25 avril 2019, donc encore sous Porochenko qui en avait fait un cheval de bataille. Elle faisait de l’ukrainien la seule langue officielle et par conséquent obligatoire dans toutes les institutions de l’Etat et dans les entreprises, au point que si que si un russophone dit ne pas comprendre l’ukrainien il faut trouver une langue commune entre les interlocuteurs ou trouver un interprète, alors que les deux comprennent le russe…)