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Faites-vous donc tuer !

A l’automne dernier avait éclaté un scandale au Canada : des vétérans qui demandaient des soins se voyaient proposer l’« aide médicale à mourir ». Le ministre des Anciens combattants avait reconnu le fait, indiquant qu’il y avait eu quatre cas, que la proposition émanait d’un seul agent qui avait été suspendu. Il ajoutait que cela était « totalement inacceptable » et qu’une formation était donnée aux agents pour que cela ne se reproduise plus.

Un cinquième cas, datant d’un an, fut ensuite révélé. Puis trois autres.

Mais surtout on a la preuve que le propos du ministre était du pipeau. Car cela continue, et il eût été étonnant qu’il n’en soit pas ainsi dans ce pays qui est littéralement shooté à la culture de mort.

Une des victimes vient de se rebeller.

Le vétéran Christine Gauthier, blessée en 1988, déclarée invalide en 1995, a dû attendre 18 ans pour qu’on lui change les roues de son fauteuil, 5 ans pour qu’on lui renouvelle son élévateur, et 12 ans pour un nouveau fauteuil. Fatiguée par ces « blessures inutiles et dommages corporels » infligés par le gouvernement, elle a fini par se plaindre auprès du ministère. Et on lui a aussitôt proposé la solution : l’aide médicale à mourir.

« Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas juste me donner les équipements dont j’ai besoin pour vivre, mais qu’on va m’aider à mourir. (…) C’est inadmissible », dit-elle.