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Et maintenant le Festival de Cannes…

On pourrait décider d’emblée que la palme d’or du Festival de Cannes, cette année, est décernée à un Ukrainien. Pas de bol, on a oublié de sélectionner un film ukrainien…

Il y aura bien deux films ukrainiens, mais l’un en « séance spéciale », de l’auteur du « documentaire » (sic) Maïdan en 2014…, l’autre dans la catégorie « Un certain regard », racontant l’histoire d’une enseignante « qui s’est engagée dans la guerre et a été enlevée »…

En revanche, si l’on a évidemment exclu toute délégation russe, il y aura un film russe en compétition. De Kirill Serebrennikov, intitulé La femme de Tchaïkovski. Naturellement, Serebrennikov a le label « ennemi du Kremlin ». Il a été poursuivi pour détournement de fonds publics en Russie et condamné à une peine avec sursis, et il est maintenant à Berlin. Il est un militant impeccable des « valeurs de l’Europe » (c’est-à-dire soutien des droits LGBT, et le choix de Tchaïkovski n’est pas anodin…). Sa dernière production en date est une mise en scène de Parsifal à Vienne, où les chevaliers du Graal sont des mafieux en prison, Kundry une photo-reporter qui travaille pour un agent de mannequins corrompu, Parsifal un éducateur qui travaille à la réinsertion des chevaliers dont il fut semble-t-il un esclave sexuel. Parmi les scènes marquantes celle de Kundry faisant une séance photo avec un jeune homme qui pose en cuir devant un crucifix…

Donner la palme d’or à Serebrennikov permettrait peut-être d’avoir une séquence finale anti-Poutine plus marquante qu’avec un obscur Ukrainien qui pourrait avoir des gestes gênants…