C’était vendredi dernier, lors de la conférence de presse où Vladimir Poutine a dénoncé la destruction de la culture russe en occident. Il s’est adressé à Valéry Guerguiev, le patron du Mariinsky de Saint-Pétersbourg, aujourd’hui exclu de toutes les scènes occidentales et donc aussi de son poste de directeur musical de l’orchestre philharmonique de Munich.
— Valéry Abisalovitch, nous en avons déjà parlé auparavant : que penses-tu de l’idée de recréer une direction commune pour le Bolchoï et le Théâtre Mariinsky ? Je ne le dis pas comme si c’était une décision qui n’ait pas besoin d’être discutée. — Les théâtres Bolchoï et Mariinsky représentent tous deux l’une des plus puissantes traditions musicales ou musico-théâtrales de la planète. Et je pense que cette tradition va se renforcer. D’incroyables jeunes chanteurs et danseurs remplissent actuellement les scènes de ces deux théâtres. Le moment est sans doute venu de réfléchir à la manière de coordonner les efforts. Nous étions justement en train de penser à la façon dont les jeunes talents auraient l’opportunité de chanter sur des scènes célèbres encore plus rapidement, plus rapidement maintenant. Nous parlons de dizaines de chanteurs extraordinaires, dont certains ont perdu des contrats aujourd’hui.
Et Guerguiev de souligner que de nouveaux opéras sont en construction en Russie, comme à Kaliningrad, à Sébastopol, à Vladivostok…
Avant la révolution bolchevique le Mariinsky et le Bolchoï étaient sous une direction unique.
Le Mariinsky, qui a aujourd’hui trois salles, a retrouvé son nom en 1992 et son prestige grâce à Valéry Guerguiev, avec l’aide du premier adjoint de la mairie de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine.
