Nombreux sont les saints qui ont enchaîné et tué un dragon. C’était, notamment, le symbole de la victoire du christianisme sur le paganisme.
Dans les légendes de nombreux pays, le dragon (le mot grec veut dire grand serpent) terrorisait les populations, qui lui rendaient donc un culte et lui livraient des vierges ou des enfants pour l’apaiser. Aussi à la fin de l’Ancien Testament on voit Daniel tuer un dragon. Le psaume 103 rappelle que Dieu a créé le dragon pour se moquer de lui, et le psaume 73 que Dieu lui-même l’a tué… et l’a donné à manger aux Ethiopiens (ce dragon-là était donc le crocodile, comme celui de sainte Marthe si l’on en croit l’hypothèse du P. Faillon).
Aujourd’hui on ne croit plus en ces fariboles de l’obscurantisme. D’ailleurs on ne croit plus en rien. C’est donc le moment de réinventer les pires superstitions. Ce n’est plus un très grand dragon qui terrorise, c’est un tout petit virus. Mais la terreur est la même et le culte est aussi exigeant. Les grands-prêtres si rationnels qui nous gouvernent (et plus encore, si c’était possible, qui gouvernent les médias), ne pouvant plus offrir d’enfants (le Moloch du droit à l’avortement les a déjà pris) ont offert quelques vieux par la grâce du Rivotril. Mais surtout il fallait imposer la dictature du dieu virus. Et elle connaît aujourd’hui un regain, avec l’obligation du port du masque. Or il s’agit réellement, clairement, évidemment, d’une superstition. Voyez celui-ci, tout seul dans son jardin, avec un masque. Voyez celui-là, tout seul dans sa voiture, avec un masque. Comment craignent-ils d’être « contaminés » ? Qui craignent-ils de « contaminer » ? Et je vois ces braves gens, contaminés par la propagande de la nouvelle religion, qui déambulent dans les rues avec un masque, dans des villages et des bourgs où il n’y a pas eu la moindre contamination depuis le début de l’épidémie. Et qui sont persuadés de faire acte de vertu. D’être des saints de la nouvelle religion.
C’est une nouvelle illustration de la vérité selon laquelle quand on ne croit plus à la vraie religion on tombe dans la superstition, surtout quand on se croit rationnel, et d’autant plus esclave qu’on se croit « libéré ».
Mais comme pour tout, il y a le bon côté des choses, qui permet de sourire un peu. Sans masque. Puisque, évidemment, je ne célèbre pas mardi-gras en été, il m’est interdit par la nouvelle religion d’entrer dans les boutiques. Il faut donc faire autrement pour acheter à manger. C’est l’occasion de découvrir des marchés que je ne connaissais pas, avec de sympathiques commerçants – ceux-là qui n’ont pas de masques et qui ne sont donc pas des adeptes de la nouvelle religion, et le montrent de façon ostensible et, redisons-le, souriante, ce que ne peuvent pas faire les sinistres adeptes masqués de la nouvelle religion.