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Le coup de Boris

Boris Johnson a décidé de suspendre le Parlement (« prorogue », en anglais) jusqu’au 14 octobre (et il y aura ce jour-là un discours de la reine), pour avoir les mains libres pour organiser le Brexit.

Cette décision vient d’être formellement approuvée par la reine à son « privy Council » tenu en sa résidence écossaise de Balmoral. Le « privy Council » (de 700 membres) était représenté par son « lord président » (et leader de la Chambre des communes) Jacob Rees-Mogg (nommé par Boris Johnson), la baronne Natalie Evans de Bowes-Park, leader de la Chambre des Lords, et Mark Spencer, « chief whip » du parti conservateur aux Communes.

L’opposition hurle que cette décision est scandaleuse, antidémocratique, anticonstitutionnelle, etc., et qu’on va la faire annuler par la justice. Mais il est impossible de faire annuler par la justice une décision prise par la reine. Et même le Times fait remarquer l’« ironie » qu’il y a à accuser le Premier ministre d’une démarche anticonstitutionnelle (un « outrage constitutionnel », dit le président de la Chambre des communes) quand il utilise un des éléments les plus anciens de la Constitution, remontant aux rois normands…