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Au Pakistan

Faraz Ahmed Badar avait 26 ans. Malgré son deuxième prénom il était chrétien. Il a été tué selon toute vraisemblance par un musulman qui ne supportait pas qu’il ait un poste supérieur au sien.

Faraz Ahmed Badar, originaire d’un petit village du Pendjab, avait passé un diplôme de pharmacie et avait obtenu un poste de direction dans un hôpital de Gujaranwala. Le 5 septembre, vers deux heures du matin, alors qu’il quittait son service, il a été attaqué à l’acide par un homme masqué. Conduit dans une clinique, puis à l’hôpital Mayo de Lahore, il est mort après cinq jours d’agonie. A l’hôpital on a découvert des traces de tortures sur son corps.

Ce n’était pas la première fois en effet qu’il se faisait agresser, a témoigné son père. « Il était régulièrement attaqué par un collègue musulman qui n’acceptait pas le fait qu’un chrétien ait une position plus haute que la sienne. Notre pays est un pays sectaire et beaucoup de musulmans croient que tous les chrétiens doivent être des éboueurs, pas des directeurs. Ils nous appellent chouhras, ce qui veut dire intouchables fouilleurs de poubelles. » Il y a quelques mois des hommes portant des masques avaient encerclé Faraz et lui avaient mis leurs chaussures dans la bouche, disant qu’un chrétien n’est même pas capable de lécher les bottes. « Ils menaçaient de le tuer s’il ne démissionnait pas de son poste. Ils disaient que son impureté spirituelle contaminait la santé des musulmans purs. Nous avons informé la police mais elle a ignoré la plainte parce que nous sommes chrétiens. »