Cela fait des années que les autorités cherchent à mettre la main sur le monastère bénédictin de Thien An et sa centaine d’hectares de terrain pour en faire un centre touristique. Les menaces et les provocations, les attaques de « voyous » (conduites par la police) se sont multipliées pour faire plier les moines (la plus violente en juin 2017 : agressions physiques et destruction de la croix), mais ils résistent. Alors les autorités ont inventé une nouvelle méthode. Depuis le mois de mars, des incendies se produisent dans les pinèdes. Incendies qui ne sont guère mystérieux, puisque se trouvent immédiatement sur les lieux des policiers qui filment les arbres en flamme, et toujours le même capitaine… Le 7 juillet dernier s’est produit le plus grave de ces incendies : plus de cinq hectares de pins ont été brûlés, et surtout il a menacé le clocher et la salle de réunion.
Pourquoi ces incendies ? Quelque temps après on voit des hommes venir planter de nouveaux arbres. Le moment venu, ils feront valoir que ces arbres leur appartiennent, donc aussi le sol où ils se trouvent.
« La méthode que nous utilisons, brûler la forêt, est un peut forte, mais elle donne de bons résultats », dit ouvertement un fonctionnaire local. « C’est un peu incommode, mais rapide », ajoute un responsable du parti.
